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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 22:57

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Je souhaitais laisser la parole à Mathieu Erny,

un berger qui a quitté le métier après avoir croisé le loup !

 

 Toute la problématique du loup est là, glissée entre les lignes!

 

 

“Le pastoralisme, il faudrait lui laisser vivre sa vie…” 


Il y a quelque temps, j’avais écrit un article que le site internet « la Buvette des alpages » avait repris sous le titre "Et si on nous donnait l’engagement  qu’aucun pâturage ne devra être abandonné à cause des loups."

Á force de penser aux problèmes du pastoralisme, de l’écologie et de leur point d’achoppement, les grands prédateurs, il me semble que cette idée vaut bien d’être approfondie.

 


Le pastoralisme, une nuisance ?


On dit que le loup a mis en évidence la crise du pastoralisme d’aujourd’hui et sa fragilité. Soit! Mais les personnes et associations qui disent cela ne donnent pas pour autant de solutions à ce problème. Elles se contentent de suggérer que c’est la cupidité des éleveurs qui en est la cause. Rien d’étonnant alors que ce « magistral coup de projecteur » ait négligé de mettre en lumière le fait que cette activité est exercée par des gens qui sont très mal rémunérés pour leur travail, leur compétences et leurs astreintes. Beaucoup de ceux qui s’y engagent le font vraiment par passion ce qui était généralement assimilée à l'engagement des écologistes avant le retour du loup.

En effet, combien d’éleveurs se contenteraient de plus petits troupeaux si c’était possible ? Combien de bergers seraient prêts à des sacrifices supplémentaires pour faire du beau boulot intéressant et gratifiant ? C’est là un potentiel énorme qui est gâché.

Lorsqu’un berger rencontre un représentant  d’une de ces associations militantes de l'écologie, que doit-il penser ? Cet écologiste là est peut-être animé des meilleures intentions pour le pastoralisme, mais il ne peut engager son association sur cette voie du dialogue car, derrière lui, dans la même fédération de nombreuses personnes prétendent que le pastoralisme est une nuisance.

 


Une activité qui a fait son temps ?


Et que dire lorsque les opinions politiques s’en mêlent ? Les uns présentent le loup comme une victime de l’économie de marché (parce que le pastoralisme est une activité lucrative, contrairement aux associations pro-loup). D’autres voudraient appliquer le libéralisme à la gestion de l’environnement (n’est-ce pas la loi de la jungle ?). Le pastoralisme n’est plus rentable ? C’est donc qu’il a fait son temps. Il est normal qu’il disparaisse au profit d’activités comme le tourisme. Des activités économiquement dynamiques et dont on s’imagine qu’elles auraient moins d’impacts directs sur la nature.

En revanche, socialement, le pastoralisme a déjà beaucoup plus d’importance. Il permet de fournir du travail dans des zones désertées, de plus il est de ces métiers qui représentent un débouché professionnel pour des personnes de grande qualité et compétences ne parvenant pas à s’intégrer à notre société actuelle, si compliquée, si contrainte. Si je lutte pour éviter que les bergers soient marginalisés, il faut bien reconnaître, car cela fait sa grandeur, que ce métier permet de faire une place honorable à des personnes en marge des normes actuelles ; des personnes souvent porteuses de valeurs qu’on a tort d’oublier.

Le pastoralisme génère des activités et des emplois indirects. Que l’on pense aux bouchers, aux maquignons, aux techniciens d’élevage, aux éleveurs de chiens, aux ethnologues, aux sociologues, aux conservateurs de musées, aux gestionnaires d’espaces naturels, aux journalistes, aux photographes, aux écrivains. Ca en fait du monde! Bizarre! Comment autant de gens pourraient-ils lier leur métier à une activité moribonde et inutile ?

Si tant de personnes se nourrissent du pastoralisme, elles lui ont rendu la pareille et les bergers ont de plus en plus conscience d’être les gardiens d’un trésor qu’ils ont envie de valoriser. Faut-il vraiment les en dissuader avec des polémiques stériles telle cette bataille sur le mot biodiversité : Des étymologistes à la petite semaine l’expliquent en faisant l’historique du mouvement naturaliste dont celui qui a cuisiné ce mot faisait partie. Cette mouvance là aurait une sorte de droit d’auteur sur ce nouveau terme. Eh bien non! Les racines gréco-latines de cet amalgame sont bien connues : Biodiversité signifie diversité du vivant. Un point, c’est tout.



Qui sont les moutons de Panurge ?


Les ultraécolos se gaussent de l’intérêt patrimonial du pastoralisme extensif sous prétexte que cela n’aurait rien à voir avec l’écologie. Il est habituel pour eux de tourner en dérision le lyrisme des bergers quand ceux ci font remonter leur métier au néolithique ou à Abel. Mais c’est un fait historiquement avéré, nous descendons tous plus ou moins de bergers et l’activité fut partout en Europe un des principaux piliers de l’économie . Le fait est que l’activité des écologistes  comme on l’entend aujourd’hui  ne remonte pas à aussi loin. Qui peut-on considérer comme les ancêtres des militants écologistes ? Je ne vois que certains poètes  comme le chef indien Seattle. Bref, la crème des cultures. C’est tout de même bien ainsi qu’il faut voir les choses.

Cela me fait toujours sourire lorsqu’à propos du loup on avance avec un très grand sérieux toutes sortes  de raisons et d’arguments « scientifiques » qui auraient justifié son retour. C’est de la blague! Qu’on n’essaie pas de me faire croire que c’est cela qui a motivé la décision de laisser revenir le loup. Dans ces utopies, le romantisme est toujours primordial ainsi que, dans ce cas présent, un sentiment de culpabilité à l’égard d’une nature personnifiée à l’équilibre et au bien-être de laquelle le loup serait indispensable. C’est beaucoup plus la légende de Rémus et Romulus, le Livre de la Jungle de Kipling, le poème La mort du loup d’Alfred de Vigny ou même la fable la plus connue d’Europe, Le petit chaperon rouge, à laquelle nous devons tous d’avoir combattu nos peurs d’enfants, qui sont à l’origine de cette décision. La preuve en est que la possibilité d'équiper les loups de colliers émetteur qui auraient pu aider les scientifiques et faciliter les techniques visant à permettre la cohabitation a été rejetée définitivement. Pourquoi? “Parce qu'un loup équipé d'un collier émetteur n'est plus un loup”. Un argument que je comprends mais qui n'a rien de scientifique et n'a pas de répercussion sur la biodiversité. Aussi, là ou se situe le problème et l’injustice par rapport aux bergers, c’est quand à force de nier le coté culturel du retour du loup, on dénie aussi cet aspect-là au pastoralisme.

Il n’est pas normal qu’on ne se serve pas du travail des anthropologues lorsqu’il s’agit d’imaginer des changements dans un métier aussi profondément enraciné dans notre inconscient collectif.

Il est anormal qu’on ne tienne pas compte des motivations de ceux qui souvent ont fait de grands sacrifices pour exercer le métier de berger.

Il est anormal que les mesures visant à protéger les troupeaux de la prédation soient à ce point basées sur l’enfermement, la coercition et la réduction des libertés des brebis, avec le souci de respecter celle du loup.

Notre société a eu trop vite fait de présenter le loup comme un individu noble en opposition à la « masse » bêlante et indifférenciée du troupeau. Fascinée par le mythe de l’individu et désireux d’échapper au conformisme, nombre d’entre nous ont trouvé plus valorisant de s’identifier au personnage du loup, plus conforme à l’image agressive qu’il faut se donner aujourd’hui pour « réussir ». Il y a décidément des moyens de manipulation plus efficaces, et surtout plus cyniques, que ceux dont use le berger pour guider ses brebis. Qui sont aujourd’hui les moutons de Panurge ?

 


Pour une « éducation » du loup ?

 

Comment se fait-il par ailleurs qu’avec le développement du métier d’éthologue, fortement médiatisé grâce à l’attention portée aux prédateurs, il soit toujours si peu question  de « l’éducation » du loup ? Celle-ci a toujours existé, c'était simplement le contrecoup de l'activité humaine, mais aujourd’hui ce sont des pratiques souvent incompatibles avec la convention de Berne. Plus rien n’a donc été fait dans ce sens car pour réaliser ces interventions sur le loup dans la situation actuelle, il faut que ce soit un organisme d’Etat ou une ONG qui s’en charge. On est en train de négliger un aspect  primordial et surtout un espace ou pro-loups et bergers peuvent se rencontrer ; chacun ayant à faire ce travail d’éducation sur « ses » bêtes.

La logique du plan accompagnant le retour du loup veut que l’on attende d’avoir partout en France des effectifs suffisants avant de tenter des interventions sur cet animal. Seulement, on est en train de se constituer  une population « lupine » perturbée qui ne  saura pas apprendre à ses jeunes  les comportements que l’on attend d’eux. En n’assumant pas ce travail sur le loup, les associations écologistes –dont ce devrait être le rôle–laissent donc à penser qu’il n’y a pas d’autres interventions possibles sur ce prédateur que de l’abattre. D'ou ces débats sans issue ou  émotion et indignation prédominent dans l’opinion publique.


Equilibrer les rapports entre loup et pastoralisme

Quel est le sens du retour du loup? Pour pouvoir se rendre compte de la profondeur des choses, il faut avoir une vision stéréoscopique. Ne considérer que l’aspect écologique est un aveuglement. Cela ne manquera pas de tourner à l’intolérance, donc à l’injustice et au rapport de force. Or justement, il n y a de sens au retour du loup que dans la tolérance. On l’attend de la part des bergers qui doivent cohabiter avec un intelligent et redoutable prédateur particulièrement gênant. En fait, c’est toute la société qui devrait s’exercer à cette tolérance.

Or, sur cet aspect, c’est un bide total ! Il n’y a qu’à consulter les « blogs » et les forums pour s’en rendre compte.

A priori, je ne suis pas choqué par les sommes importantes du plan pour les loups, car signer une convention protégeant les grands prédateurs en leur faisant une place à côté de l’activité humaine est un acte profond  et grave, lourd de conséquences et à priori audacieux. Mais qui a été à la hauteur de cette audace ? Qui a soupesé cette gravité ? Qui se sent réellement responsable du loup ?  Lorsqu’on  pose cette question, tout le monde se réfugie derrière l’état, l’Europe, etc.

Pour équilibrer les rapports entre le loup et le pastoralisme, il me semble qu’on aurait dû envisager ce dernier de la même façon qu’on l’a fait pour le loup et donc créer à cette occasion un plan de protection du pastoralisme.

Les écologistes parlent de l’écosystème dont les grands prédateurs seraient le pilier. Mais le pastoralisme aussi est un système et il faudrait lui laisser vivre sa vie. On sait que l’indemnisation des dégâts du loup n’est pas une solution suffisante, mais les mesures (imaginées par des personnes qui n’exercent pas de métier d'élevage) imposées indifféremment à tous les bergers de France ou d’Europe ne le sont pas non plus.

Berger et éleveur ovin en montagne sont toujours des métiers qui passionnent, et si cette profession s’affaiblit (en nombre de praticiens et en terme de revenus) c’est vraiment sous une pression très forte, due effectivement à bien d’autres causes que les seuls prédateurs. Mais l’une de ces pressions est justement celle qui est exercée par des associations qui dénient tout intérêt écologique au pastoralisme, sous prétexte qu’on y travaille plus avec les techniques d'autrefois ! Certes, mais à qui la faute ? Ce n’est pas en affaiblissant encore le pastoralisme qu’on redressera la situation. Pareillement, en utilisant à tort et à travers le terme de « surpâturage »,  on  videra progressivement les alpages et les pâturages de colline, sans pour autant parvenir à une situation écologiquement satisfaisante (cela favorisera par exemple la broussaille et engendrera la fermeture des milieux par endroits sans stopper l'érosion ailleurs, car celle-ci est due à des troupeaux qui se déplacent plus qu'ils ne pâturent. C'est donc objectivement un dégât du à la sous exploitation des pâturages).


Repenser les techniques de protection

 


Le plan de protection du pastoralisme reposerait sur l’engagement que le nombre de bêtes pâturant les prairies naturelles, les friches et les alpages serait maintenu. On s’engagerait aussi à maintenir la surface de ces pâturages, mais avec la possibilité d’abandonner un endroit pour un autre équivalent. Ainsi toutes les incitations aux divers changements se feraient avec les moyens nécessaires et, en quelque sorte, par la loi de l’offre et de la demande. Pour toutes les pressions, quelles qu’elles soient, exercées sur le pastoralisme, il faudra assumer le contre coup. Dans un cadre comme celui-là, on pourrait laisser les choses se réguler d’elles-mêmes car la motivation pour ces métiers est forte et les exigences des bergers et éleveurs en terme de revenus ne pourra être exagéré et leur travail restera globalement de qualité. Par contre, on ne pourra plus se passer de prendre en compte ce qui motive les bergers en dehors du coté économique. Ainsi il faudra bien par exemple repenser les techniques de protection en incluant la possibilité de pratiquer la « couchade » libre des brebis, les bergers ne tenant pas à être des matons. Il y a bien des raisons (en plus de ce qui, aux yeux des détracteurs du pastoralisme, ne manquera pas de passer comme un idéal romantique) pour défendre ce genre d’exigences. Il est pourtant simple de comprendre que l’été, lorsqu’il fait très chaud, les brebis mangent très peu le jour. C’est surtout la nuit qu’elles vont « faire leur ventre » ; sauf si on les enferme dans un parc électrifié pour les protéger du loup…

Le fait de bloquer arbitrairement le nombre d'animaux d'élevage sera peut-être considéré comme une contrainte d'un coté comme de l'autre, mais avant de continuer à s'occuper d'environnement avec une mentalité d'envahisseur devant occuper la place, il faut développer ces activités dans la profondeur. Cela génèrera d'un coté comme de l'autre richesses écologiques, économiques et patrimoniales, mais aussi qualité de vie et emplois.

Soyons honnêtes, je sais que cet objectif est présent à l’esprit de la plus part des gestionnaires d'espaces naturels, mais ils n'ont encore réussi que très ponctuellement à enrayer la déprise agricole de ces milieux et leur intervention a parfois un caractère artificiel.

Considérons d’autres exemples en Europe. Des pays nouveaux venus dans l’Union Européenne, la Slovénie, la Roumanie, etc. sont cités en exemple et portées aux nues par les défenseurs des grands prédateurs pour avoir gardés leurs ours et leurs loups. Et l’on s’imagine (naïvement ?) que cela s’est fait sur la base d’une philosophie tolérante qui imprégnait une paysannerie encline à la cohabitation. Les gens ne sont évidemment pas aussi  fondamentalement différents les uns des autres comme veulent nous le faire croire les sociologues du dimanche. Les bergers Roumains, Slovènes, n’avaient ni le choix ni les moyens de réagir. On ne s’est guère soucié d’eux et la chasse à l’ours était et reste toujours plus rentable pour l’Etat que leur activité.

A présent ces gens veulent un revenu comparable à celui de leurs concitoyens dont les conditions de vie évoluent très vite. Comparable également à leurs collègues des autres pays. Ils seront aidés pour cela et c’est justice. Si donc on veut garder des petits éleveurs travaillant « à l’ancienne », il faudra simplement qu’ils puissent en tirer un revenu suffisant et cela vaut évidemment aussi bien là-bas que chez nous.

Le loup aurait donc mis en lumière une crise du pastoralisme extensif (surtout ovin). Bien ! Et alors ? Ca nous fait une belle jambe de le savoir. A présent, pour que les grands prédateurs aient une vraie raison d’être, il faut qu’ils deviennent les arbitres des motivations et des responsabilités de notre société pour le maintien de la biodiversité (y compris « l’agribiodiversité » dont font partie les races ovines transhumantes). Sinon, ils resteront ce qu’ils sont en ce moment, une lubie coûteuse et idéologiquement chargée. 


Mathieu Erny, le 20 juin 2009.

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10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 22:43

 

cardamine.jpgUn air doux, réchauffé par le soleil de printemps, flotte sur la prairie. Les plantes vivaces s’y transforment de jour en jour attirant les premiers coléoptères encore engourdis.

 

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La Cardamine émerge des herbiers en même temps que la Ficaire jaune vif, disséminée par les fourmis. Les « pollinisateurs » sont déjà à l’œuvre, en particulier le bourdon. Avec la brusque remontée des températures les premières abeilles sauvages apparaissent d’un vol souple.

 

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Les fleurs des champs, violettes minuscules, coucous naissants et pissenlits toujours envahissants peuplent peu à peu, avec d’autres et pour un temps compté, le vert tendre des près.

 

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La coccinelle à sept points est sortie de son refuge hivernal. A la recherche des premiers pucerons il lui tarde de s’accoupler afin de conclure un cycle de vie annuel.

 

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Les premières hirondelles décoiffent les pâquerettes tant elles volent bas, même si elles ne font toujours pas le printemps. D’autres prennent un bain de soleil sur un câble tendu, profitant d’un repos bien mérité, après une migration de plusieurs milliers de kilomètres. Parfois près de 10 000 longs et aventureux kilomètres qui sont indispensables à sa survie. Elles consomment exclusivement les insectes volants et ils sont inexistants durant nos longs hivers.

 

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Le saule est le promoteur de chatons velus qui attirent d’autres insectes qui se gavent de pollen, tous participent à la lente évolution du vivant.

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Merci de votre visite et de vos commentaires. A bientôt !

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 15:35

crocustricolore.jpgLe Crocus est de retour, bigarré de rouge, blanc, jaune et de parme, il annonce vraiment le printemps. Après avoir subi les assauts répétés de la neige, il a surgi au dégel…et nourrira le mulot et le campagnol !

 

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Le Chrysanthus jaune à tépale striée lui fait concurrence. Le plus remarquable, le Mathewi, à la corolle blanche marquée de bleu de Prusse est originaire de Turquie et a vraisemblablement complètement disparu……comme tant d’autres espèces, suite à des cueillettes renouvelées et dévastatrices ! Espèce éradiquée en 15 ans à peine, puisqu’elle fût découverte en 1994, à l’état sauvage !

 

 

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Cette plante à bulbe peut atteindre 15 cm.  Son nom a pour origine, le mot «  krokos » qui signifie safran, épice cultivée à partir du « crocus sativus » dont les stigmates prélevés sur 150 000 fleurs produit seulement 1000 g de safran frais et seulement 200 g après séchage ! Le safran est utilisé depuis au moins 5000 ans, comme plante aromatique mais également comme pigment pour teinter les soies !

 

crocuschrysantus1

 

Bonne semaine à tous. Merci pour vos commentaires. A bientôt.

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 08:22
pinsondunord5.jpgPour avoir la patate, vieux vaut, en fait, admirer Mère Nature, tout en gardant à l'esprit, pour toujours,  comme le disait si bien Victor Hugo:



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Oui, l'homme est responsable et rendra compte un jour.
Sur cette terre où l'ombre et l'aurore ont leur tour,
Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête.
Te figures-tu donc être un tel but final,
Que tu puisses sans peur devenir infernal,
Vorace, sensuel, voluptueux, féroce,
Echiner le baudet, exténuer la rosse,
En lui crevant les yeux engraisser l'ortolan,
Et massacrer les bois trois ou quatre fois l'an?
Ce gai chasseur, armant son fusil ou son piège,
Confine à l'assassin et touche au sacrilège,
Penser, voilà ton but ; vivre, voilà ton droit,
Tuer pour jouir, non. Crois-tu donc que ce soit
Pour donner meilleur goût à la caille rôtie
Que le soleil ajoute une aigrette à l'ortie,
Peint la mûre ou rougit la graine du sorbier ?

Dieu qui fait les oiseaux ne fait pas le gibier.

Victor Hugo


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Que la nature est à nous, pour y vivre, et non pas pour y périr.....

Merci de votre visite, bonne journée et à bientôt.


refleteausanon.jpg

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 10:43


algues.jpg

Voici quelques pages uniquement destinées au plaisir des yeux et à l'imaginaire, chacun y découvrira qui, il est vraiment. En conclusion, je vous conseille, si vous aimez ce thème de faire un petit voyage chez Claude Delmas, que j'ai rencontré à Montier en Der, lors de l'une de ses expositions.

refletseau.jpg

                                   SOUFFLE DE GALAXIES



ORLIQUIDE.jpg            OR LIQUIDE



ENVOL.jpg             ENVOLEE...



PONT.jpg         UN PONT SUR L'EAU


COURANTDEVIE.jpg             COURANT DE VIE

FUSION.jpg                                     FUSION...



resurgence.jpg                                          RESURGENCE
   
http://www.claude-delmas.com/album.html

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 15:25

 

piedglaceAprès quelques explorations hivernales dans la Vosge « sauvage », je vous livre quelques images de plus, avant l’arrivée prochaine du printemps, quelques trésors de l’hiver, en supplément offert avec joie.. A commencer par le pied de l’hiver, pris dans la glace translucide, à l’allure bestiale voire simiesque et aux orteils raccourcis. Presque celui du premier homme à avoir foulé les neiges hivernales…. Mais cela est une autre histoire….


griffeglace.jpg


En avant premiere aussi, les griffes de mère Nature, un xylophone vertical aux sons envoûtant, quelques reflets d’eaux glacées et pures. Une Grosse pépite, comme tout le monde aimerai en avoir une, mais en or, plutôt qu’en eau cristalline, de la glace peppermint où une algue microscopique a commencé ses œuvres colonialistes ! Pour finir, une crête glacé éphémère qui attends le redoux qui s’annonce déjà !

 

            xyloglaceUn Glaciophone....instrument hivernal avec lequel Mère Nature envoutent les humains.... avant de les perdre, bien sûr, à tout jamais....

refletpissoire.jpg      Du fond des eaux glacées, surgissent parfois des lianes hivernales qui n'ont rien à voir avec le naturel....

glacetranslucide.jpg
glacepepite                        Une mine à ciel ouvert...

microalgueglace

creteglace.jpg
Merci de votre visite. A bientôt !

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 05:17

mesangecharboniere.jpg
Ils sont présents mais presque invisibles. Leurs chants étouffés par l'hiver ne correspondent plus qu'à des cris d'alerte. Toutes les énergies sont alors consacrées à une seule chose. Trouver la nourriture indispensable. Pourtant à bien y regarder, immobile et camouflé derrière les Grandes Roches, ils se laissent aborder plus facilement!


pinsondunord.jpgPinsons du Nord en action


Errant sur le sol, les Pinsons du Nord se disputent, se volent dans les plumes, pour s'affirmer sur un territoire de plus en plus restreint. Les zones de neiges peu profondes sont rares, les prétendants, nombreux et affamés!

geaichenes.jpg
Geai des chênes

Plus haut, le Geai des chênes et les Pics épeiches observent, à l'affût d'un moindre indice. Le Geai a oublié l'emplacement de ses garde-mangers automnales, semant sans le savoir, les graines qui donneront la vie au printemps.

pic-epeiche-Epeiche

L'Epeiche est moins prévoyant, moins tête en l'air également, fouillant inlassablement les troncs, il recherche les dernières larves d'insectes susceptibles de contenter son bec puissant. Si par aubaine il découvre une graine, il cherche alors à caler son gain dans une lézarde proche, un mur d'habitation peut même faire l'affaire, histoire de s'isoler un peu de l'avifaune locale. Le Geai cacarde de dépit et s'envole en claquant des ailes.

picmar.jpgPic Mar


 Le Pic Mar est plus discret malgré la tache rose qui lui teinte le ventre. Plus petit, il n'en est pas moins actif et croise parfois la Sittelle torchepot, tête ne bas , voire tête en haut. Cette équilibriste, sans peur, descend et remonte inlassablement le tronc d'un châtaigners.

sitelletorchepot.jpgSittelle torchepot


tarindesaulnes.jpgTarin des aulnes

Les Tarins des aulnes se postent sur un arbrisseau proche et se délectent longuement des invectives des Pinsons. Les Mésanges charbonnières se mêlent aux têtes noires, évitant la Nonnette toujours un peu distante.

mesangetetenoire.jpgTête noire

nonette.jpgLa Nonnette

Tout ce petit monde fait son marché, progressivement les plus grands quittent les lieux, les mésanges trop bavardes sont les dernières à partir. Un merle s'attarde encore un peu, le bec vide! Le silence fait bientôt place à la nuit. Il est temps de rentrer.

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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 14:47

mainhiver.jpg                

 

 

Je vous propose encore quelques images dont la nature a le secret. Simple observateur, doté d’imagination, elle me livre parfois ces visages aux profils remarquables ou ses jouets de glace, parfois les pépites et encore ses fleurs de saison, voire les mamelles de l’hiver. A chacun de voir , à sa manière ces révélations naturelles. Prenez donc la main de l'hiver....

 

visageverdon2

Un profil du Verdon, lac de Ste Croix...

 

poupéedeglace

                                  Poupée de glace...

 

 

glacecouleur

                            Parfum d'hiver...


fleurglacee                        Fleurs hivernales...



pepiteglace                           Pépites lacustres...


mamellehiver                        Les mamelles de l'hiver...


Retrouvez toutes les images dans l'album " Insolite "

Merci de votre visite, à bientôt.

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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 05:48
oeil.jpgUn petit clin d'oeil, à vous tous et saluer Mère Nature, qui m' adresse cet inquisiteur, un jour de splendeur, alors que j'étais en déconfiture, attendant qu'elle me cueille .....

Je sais c'est pas du Verlaine.....désolé!!

Bonne Journée à vous tous...
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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 16:47

herbe.jpgLe milieu de la tourbière est hostile. Lieu acide, humide, pauvre, instable, affublé de trous d'eau sombres ou encore empreint de légendes effrayantes, il forme souvent mes fabuleux paysages. Cinquante pour cent de mes narses françaises ont complètement disparu depuis 60 ans. Tout comme un tiers de mes surfaces en Europe.

drosera.jpgLa Drosera, plante carnivore

Ce que la nature s'est efforcée de construire, millimètre par millimètre, l'homme moderne l'a complètement exploité en quelques décennies. Autre apport important, un passé qui ne demande qu'à s'ouvrir, vieux de plus de 10 000 ans, se trouve enfoui sous plusieurs mètres de tourbe, souvent noire comme la nuit. Cet au-delà proche, nous permet aujourd'hui de comprendre, grâce à l'ancienneté et les propriétés conservatrices de la tourbe, l'évolution climatique actuelle. Témoin à charge du mésoclimat ( climat d'une région particulière ) et véritable sphère d'archivage naturelle, on y retrouve mes pollens datant d'époques fort lointaines à l'échelle humaine.

tourbiere2.jpg
tourbiere3.jpg

Une formidable banque de matériel génétique, extraite en profondeur, fait alors l'objet d'une recette de cuisine élaborée. Conserver la carotte, sous film, au réfrigérateur. Emietter un des prélèvements numérotés. Placer le dans un bêcher, récipient destiné à la réaction chimique indispensable, mélanger à de la potasse. Introduisez dans un bain-marie, porter à ébullition pendant 15, puis centrifuger le substrat durant 7 minutes. Distiller le culot à l'eau pure, et centrifuger à nouveau le tout. Trachéides, vaisseaux des plantes vasculaires, filaments de champignon, cuticules, exosquelettes de petits animaux invertébrés, spores caractéristiques et pollens féconds forment ainsi les diagrammes polliniques. Révélateurs des peuplements du vivant, ces schémas présentent les différentes essences de plantes repérées et leurs quantités respectives.

tourbiere4.jpg

Vestiges des dernières glaciations, centre scientifique, fonctionnel et paysager, mes tourbes ont vu naître la buxbaumie verte ( Buxbaumia veridis ), comme à la tourbière de Machais ( Vosges ), une mousse rarissime et à forte valeur patrimoniale ainsi qu'un lézard vivipare, Lacerta vivipara, rare et protégé qui produit une molécule antigel lui permettant de lutter contre le froid. La découverte passionne d'ailleurs les chercheurs, qui pourraient la synthétiser afin de conserver des organes aux fins de dons.

Merci de votre visite. A bientôt.

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