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11 mars 2010 4 11 /03 /mars /2010 09:26

epicea.jpg11 mars 2010. 9h27. Il neige, encore. La température est de 0° Celsius. L’hiver n’est pas encore fini qu'ils nous annoncent déjà une année 2010 record en terme de hausse des températures. Nous allons battre le record de l’année la plus chaude depuis 150 ans. Information largement publiée par les climatologues britanniques, ceux là même qui ont fait l’objet de piratages informatiques sévères et répétés.

 

soleillever

 

Climatologues, en mal de budget, de notoriété, d’informations peut-être…. Allez savoir. Le brouhaha médiatique à propos du «  réchauffement climatique » est devenu totalement incompréhensible. Al Gore nous livre ses explications dans un pavé médiatico-politico-écolo que j’ai cessé de lire, vers la fin du chapitre 5…Choisir Maintenant est une encyclopédie des énergies connues sans grande relation avec les enjeux prétendus du changement climatique ! A se demander, même, s’il a été relu, par son auteur…. ! Allez savoir !

 

refletcanaux

 

Une déception de plus. Ni plus, ni moins. Du tapage climatique non répréhensible. 9h46. Il ne neige plus ! Sûrement le réchauffement climatique ! Non ? Allez savoir !

 

epiceatricentenaire

 

Alors revenons aux choses simples. En étudiant les anneaux de croissance des plus vieux arbres, si tant est qu’ils soient tous recensés sur Terre, on obtiendrait vraisemblablement, une succession de courbes montantes et descendantes.

 

coupebois

 

Variant de plus ou moins 2 degrés, de plus ou de moins, par rapport à une moyenne définie plus ou moins arbitrairement. Ces courbes décriraient des variations sur une période de 5000 ans maximum, le plus vieil arbre serait peut être un simple épicéa des forêts canadiennes…. Allez savoir !

 

canalest

 

Nous sommes aujourd’hui sur une courbe montante, qui fort logiquement devrait redescendre, tout comme les 15 autres enregistrées dans le passé des arbres, vraisemblablement espacées de 300, 350 ans…. Allez savoir ! Mon épicéa millénaire, y mettrait son tronc à couper. Beau geste pour le réchauffement climatique, n’est ce pas ? Allez savoir !

herbeseche

Bien à vous. JLV.
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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 12:37

savoieskifond.jpgDuel sur le chemin de la Gittaz:

 

Les premières traces humaines apparaissent immédiatement. Deux empreintes parallèles, qui dénotent une technique du ski certaine, descendent du sommet. Une autre marque plus large et striant la neige monte vers le col de Méraillet, la chenille et les patins d'une motoneige ont faiblement marqué la poudreuse. Quelques centaines de mètres en amont, de nouvelles empreintes, animales cette fois, côtoient les deux autres. Je ne suis pas certain de leur origine. Bien que récente, dans cette neige poudreuse balayée par le vent, elles pourraient êtres celle d'un gros chien ou d'un ongulé dont j'estime le poids à 45 kg environ. La neige s'accumule en congères d'un demi-mètre, mes chaussures de marche retiennent une poudre fine qui s'introduit insidieusement en fondant. La lumière commence à changer, une brume éparse et horizontale cercle la montagne d'Outray, en direction des Saisies.


savoiebrume.jpg


Six heures de marche presque ininterrompues me font traîner les pieds. Je m'accorde quelques minutes de repos, avale quelques gâteaux secs et un peu d'eau, tout en observant une tache foncée et indistincte qui divague au bord de la ravine. J'abrège rapidement pour reprendre une marche forcée vers le point immobile que je n'ai cessé de fixer. A une centaine de mètres, je distingue un pelage noir qui me fait penser immédiatement à celui d'un mâle. L'animal me fixe en tournant nerveusement sur lui-même, battant l'air de la tête, bondissant dans ma direction à chaque pas en avant.

 

empreintechamoix.jpg

 

 

Je m'arrête tous les dix mètres pour observer son manège, qui bien qu'il semble être seul, traduit un message d'alerte certain.

A une trentaine de pas, il laisse exploser sa colère, décidé à ne pas me laisser le passage. Ses cornes presque droites et l'écartement des pointes laissent croire qu'il s'agit d'une femelle d'une dizaine d'années pourtant le poil presque noir et le gabarit sont celui d'un mâle. Le chamois vit en moyenne montagne, se nourrit de lichens et d'aiguilles de résineux quand l'enneigement est important. Le chef de harde a décidé de me tenir tête. Il piétine, cabriole, simule une charge et donne des coups de tête en soufflant rageusement dans ma direction. Je m'entête à l'approcher mais il résiste au point ou je m'attends à une attaque en règle après avoir fait fi de tous les avertissements. A une dizaine de mètres, il n'a toujours pas reculé, la période du rut étant passé depuis deux mois, je m'étonne encore aujourd'hui de sa réaction. Celle d'un chef de clan responsable, assurément. Enfin, quand j'amorce un nouvel élan dans sa direction, il s'échappe en dévalant la ravine dans laquelle tout le groupe disparaît sans même que je n'ai le temps de l'apercevoir.

 

chamoi.jpg

 

 

Les glaces de la Gittaz:

 

L'heure tardive m'oblige à hâter le pas. Je souhaite faire quelques prises du barrage de la Gittaz, redescendre vers le col de Méraillet et profiter du coucher de soleil sur le défilé d'Entreroches, avant d'entreprendre les 6 kilomètres qui me séparent alors du village de Cernix. Quelques centaines de mètres avant le barrage, un tunnel court en formant un arc de cercle, en direction des eaux glacées du lac de retenue.

 

barragegittaz.jpg

 

 

Le lieu ressemble à une grotte grossière, des stalagmites glacées, formées par les gouttes qui tombent de la voûte, prouvent que le passage n'est plus emprunté depuis la fin de l'automne. Des épées de glace de plusieurs mètres s'échappent de la courbe grillagée, un silence sépulcral règne dans ce monde caverneux, sombre et froid. Le sentier qui surplombe le barrage inactif révèle le gigantisme de l'édifice. Une cascade exposée aux rayons zénithaux de l'après-midi s'écoule sans bruit dans un univers gelé digne des pôles. L'épaisseur de la glace est rongée par l'onde liquide qui dégouline de la pente, un fond noir miroite les falaises ocres perchées à l'ouest. Un trou rond forme une marque étoilée au milieu des glaces. Semblable à une trace d'impact je pense en premier lieu à une météorite, puis les traces de patins de la D925, presque parallèles, me reviennent en mémoire, le pécheur sur glace de la Gittaz est peut être redescendu à ski.


tunnelglace.jpg


Pourtant, les veines qui s'échappent de la cavité encore liquide me laisse dans le doute. La glace a pompé l'eau et se creuse sous son propre poids en une légère dépression, elle constitue un piège certain! . La zone du barrage-voûte est plongée dans l'ombre pendant la plus grande partie de la journée. Un froid intense m'oblige à m'équiper rapidement de gants. Il me reste une heure maximum avant le coucher du soleil, je renonce à explorer le site plus avant et entreprends rapidement la marche de retour pour quitter le cul de sac hivernal formé par le barrage de la Gittaz.

 

stalactite8.jpg

 

 

Les aiguilles et sommets environnants prennent lentement la couleur de l'or jaune, la mer de nuages qui bloque le défilé d'Entreroches vire progressivement du bleu au mauve puis les tons froids se transforment pour s'échauffer vers l'orangé et le rose. Le spectacle est magique et bonheur, je suis le seul à en profiter. Posté entre deux rangées d'épicéas, je contemple longuement ce phénomène rare, récompense d'une longue journée de marche dans les neiges du Beaufortin. La descente vers Cernix me laisse le temps de la réflexion. Une demi-lune diffuse légèrement sur la gangue de flocons cristallisés qui couvrent la D925. Le vent est tombé avec la lumière du jour, mes pas mouillés résonnent dans la nuit savoyarde. Je pense au récent tintamarre médiatique orchestré à propos du réchauffement planétaire, et après réflexion celui-ci ne me semble pas en adéquation avec la réalité, mes pieds sont humides et le gel s'installe petit à petit dans cette zone, de moyenne montagne, vidée par un hiver exceptionnel, à l'allure de printemps.


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Malgré cet état de fait et après réflexion, au fil des nombreuses et longues minutes qui me mènent au village de Cernix, j'envisage le pire, quant à une folle ascension vers les Sept Laux, ses lacs gelés et son col alpin, par le sentier du Gleizin et en direction du défilé de Maupas, au départ de Fond de France, -ça veut tout dire- même durant l'hiver le plus chaud du siècle, la prudence, en milieu montagnard, étant une vertu cardinale.

 

 

couchersoleilbauges

Dernier hiver blanc en Chartreuse?

 

Après avoir renoncé à explorer les Sept Laux et les sentiers de la Tarentaise, faute d'équipement, d'expérience et d'effet de serre, la montagne me révèle encore une fois ses contradictions. Aux portes de la Chartreuse, le Mont Granier affirme toute l'ampleur de sa calvitie hivernale. La neige, là aussi est pratiquement absente de ses contreforts. Il faut se perdre dans le cirque de Saint Même pour sentir la piqûre du froid sur la peau et trouver un hiver blanc digne de ces montagnes.


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Avant le passage du col du Cucheron, une vallée étroite draine le Guiers Vif vers Saint Même, à travers une gorge spectaculaire et silencieuse. L'eau lumineuse du cour d'eau renvoie les reflets du col de l'Alpe, le contraste entre les couleurs vives des sommets et l'ambiance monochrome dégagée par le bout du cirque est fantastique. Les cycles de fonte et de gel donnent à la neige les formes d'oursins givrés et difformes, de roses des glaces, dans une nature livide et glaciale! Pour sacrer cet ensemble polaire, le soleil transmet son éclat à travers la couronne d'épicéas qui dominent le cirque de la forêt du Boutat. Le rocher des Belles Ombres varie de coup d'éclats, lui aussi, en ombre blafarde ou forte.


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Je pense soudain aux glaciers alpins et menacés qui reculent depuis une bonne décennie. Certains prétendent qu'ils vont disparaître à jamais et qu'ils n'ont jamais subi tant d'outrages, pourtant certaines gravures et illustrations du XVIIe siècle, si je ne m'abuse, présentent certains glaciers dans un état de retrait quasi total dont personne ne parle plus depuis longtemps, l'histoire même naturelle, étant dit-on, un éternel recommencement, perdu dans la mémoire humaine depuis des lustres.

 

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Merci de votre visite. A bientôt.

 

 

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 16:57

mer de nuage002Un printemps en hiver:

 

 Le Semnoz est un poste d'observation incroyable, au sommet du Crêt de Chatillon, d'une altitude modeste de 1699 mètres, il est possible d'embrasser les Alpes sur 360 degrés. Dès le premier contact, l'évidence s'impose, le déficit de neige est important. Malgré l'altitude et l'heure matinale la température est déjà positive. Les trois cent mètres qui me séparent de la table d'orientation -qui a connu des hivers plus rudes- me font prendre une suée imprévue. 1° C, la fonte est déjà amorcée, la poudre colle à la semelle des chaussures, même le Mont Blanc a perdu de sa superbe. Les neiges éternelles paraissent poussiéreuses, voire défraîchies par la même lumière jaune de la veille. Cette lumière caractéristique du printemps.


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Plus au sud le Mont Pourri ne semble pas mieux loti, dominant les portes de la Vanoise, où la Grande Odyssée 2007 aura pour sa troisième édition largement coupé son parcours, faute de neige, malgré un spectacle conduisant les traîneaux à chien sur les hauts plateaux culminants à plus de 2000 mètres d'altitude et pour lequel la commune de Lanslebourg, départ de l'odyssée, avait spécialement enneigé ses rues.


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Au nord l'ensemble du Beaufortin est noyé dans une mer de nuages denses, entre la chaîne des Aravis et le Mont Blanc. Les Alpes se sont transformées en une gigantesque marmite où les nuages et les brumes forment les vapeurs d'un bouillon digne d'un printemps en hiver. Avant de quitter les lieux j'interroge deux pisteurs qui me déclarent que le versant sud du Semnoz est complètement fermé faute de neige. Il est midi, la terrasse du bar des Rochers Blancs est vide, un serveur nonchalant, par obligation, prend le soleil sur une chaise pliante, faute de clientèle.

 

Sur la D925:

Le manque d'enneigement me pousse à chercher la difficulté, pourtant un sentiment abstrait me convie à la prudence. Avant d'essayer d'atteindre les Sept Laux, dont l'enneigement est d'au moins 70 cm, l'aube du quatrième jour éclaire ma route dans le massif du Beaufortin. Mon objectif du jour est d'atteindre si possible, par le TMB -le sentier du Tour du Mont Blanc- Ville des Glaciers sur la D902, par la D925, le col de Cormet de Roselend et ses 1968 mètres, sans tenir compte de la naïveté et de l'excès d'optimisme concentré dans ce but hasardeux, voire impossible en l'état de touriste inconscient auquel je me suis volontairement prêté. Je dois déjà garer ma voiture à l'entrée du village de Cernix où la Gittaz coule lentement ses eaux pures.


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En consultant ma carte je comprends de suite l'absurdité de ma démarche, le col de Méraillet est inabordable et la D925 est fermée à toutes circulations hivernales. Il me faut trois jours, à pied, pour atteindre Ville des Glaciers. L'hiver n'est pas mort dans le Beaufortin, assurément. Sans équipement approprié, point de salut, c'est presque certain, cependant j'entreprends immédiatement un nouvel objectif, plus réaliste cette fois. M'engager sur le premier tiers du parcours me semble plus raisonnable, le point final étant le barrage de la Gittaz, non loin du col de Méraillet. Les premiers kilomètres sont faciles, la marche agréable, la neige est damée malgré l'interdiction de circuler.

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Les quelques chalets disséminés sur les bords de la voie semblent totalement désertés. Pas de cheminée qui fume, pas de véhicule, pas même de traces de pas. Je suis seul sur la D925. Rapidement la pente se raidit, le souffle plus court j'accède, de zones d'ombre en cascades de glace, aux premiers lacets qui ouvrent une vue imprenable sur le défilé d'Entreroches. Curieusement la végétation épouse les formes triangulaires qui caractérisent le défilé, les épicéas s'écartent pour laisser entrevoir une succession de cols qui se perdent dans les nuages. Le niveau d'enneigement est important à cette altitude, pourtant certaines falaises du défilé, exposées au sud, ne gardent aucune trace des dernières chutes. Une cascade nerveuse se jette dans le vide d'une centaine de mètres.


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Ici aussi, le printemps est déjà là! Mille mètres plus hauts, le rocher des Enclaves porte pourtant son blanc manteau avec classe. Au détour du sixième lacet le vent dessine des ondulations sur l'épaisseur d'une neige fluide, la granulation de la poudreuse glacée rappelle celle du désert de sable. La température reste négative en début d'après midi et l'air sec cache bien le froid certain qui règne sur le Beaufortin. Une stèle de glace givrée marque le passage vers le barrage de le Gittaz.


savoie

     Le lac du Bourget, qui prend souvent des tons particuliers....

Avant de m'engager vers le nord je fixe un moment le sommet de la Clavetta dans la direction de Ville des Glaciers, pour me faire aussitôt une promesse. Revenir l'année prochaine, bien équipé, à la même période, pour comparer les conditions météo et accéder en trois jours maxi aux pieds des Grandes Aiguilles qui dominent le Glacier des Glaciers.

 

Merci de votre visite. A bientôt.

 

 

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 15:49

lecheran

    Le Chéran

 


Les tons chauds du Jalouvre:

 

Afin d'aborder le lac d'Annecy par le sud j'ai choisi de traverser le massif des Bauges au petit matin. Moins 7 degrés, c'est la température au pont de l'abîme qui révèle sa gangue de glace au lever du jour. Une couche de neige gelée couvre le revêtement du tablier, un givre collant fixe les câbles porteurs, quelques suspentes et toute la végétation alentour. Le panorama lui aussi paraît encore figé dans son univers de gel nocturne. Même les bruits d'écoulement du Chéran, qui prend naissance au crêt de l'Aigle dans la montagne du Semnoz, ne parviennent pas à percer la froidure. En aval la rivière a pris des couleurs froides, des reflets bleus et verts courent entre les roches givrées. La forêt ploie sous la neige des jours derniers. Les brumes hivernales jouent avec les cimes du Semnoz.

 

pontdudiable.jpg


L'onglet gagne rapidement mes doigts malgré une paire de gant angora qui ne résistent pas à l'humidité de l'air. Le passage du col de Leschaux est indispensable pour accéder au lac d'Annecy dont les fonds noirs, sous un plafond bas ne dispensent aucune lumière en début de matinée. Une fenêtre météo prévoit plus de lumière en fin d'après midi. Je décide de poursuivre ma route vers la Clusaz afin de passer le col de la Colombiére à 1613 mètres d'altitude. Je suis rapidement contraint à renoncer, la Colombière est fermé, il me reste alors un seul passage, le col des Aravis qui est habituellement inaccessible de novembre à avril. 127 mètres, entre courbes de niveaux, séparent les deux cols, pourtant j'accède aux Aravis sans aucune difficulté.

 

portedesaravis.jpg

 

La température de l'air frise le zéro, la porte des Aravis se découpe sur un ciel indigo, un soleil radieux réchauffe le paysage enneigé. Mon objectif est double, tenter l'ascension de la Croix de fer et poursuivre jusqu'au Chalet du Curé si l'enneigement le permet. Une première évidence s'impose, après quelques hectomètres, les sommets du Bargy et en particulier le pic de Jallouvre manque de neige, pourtant je progresse en dehors du sentier dans une poudreuse légère dans laquelle mes chaussures de marche s'enfoncent de près de 30 centimètres à l'altitude moyenne de 1500 mètres.


aiguilleverte.jpg     L'Aiguille verte

 

Du haut de ses 2438 mètres le Jallouvre et dans une moindre mesure la pointe d'Almet paraissent nus dans un univers minéral qui rappelle plutôt la fin d'un chaud printemps. Après avoir suivi la limite du département des Hautes Alpes je m'arrête quelques instants face à l'Etale qui domine la Croix de Fer dont l'accès se perd entre rochers et plaques de neige. L'ascension me semble rapidement impossible sans un équipement approprié, les raquettes, un piolet et un bâton de marche, sans oublier les guêtres indispensables pour couvrir le bas des jambes.


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Je poursuis vers le Chalet du Curé dont le sentier est parfaitement aménagé. De nombreux ruisseaux serpentent sous la neige, coupent les passages et dévalent la pente en direction de la Giettaz. Les températures positives de cette fin de matinée accélèrent le processus de fonte, dans les zones d'ombres, des stalactites de glaces se forment sur les rochers qui surplombent le sentier.

 

glace2.jpg

 

 

La montagne suinte l'eau de toute part, le déficit de précipitations et les températures élevées bloquent le processus naturel d'enneigement. Les roches striées des Aravis, imbibées d'eau de fonte, éclatent chaque nuit sous l'action du gel. Le soleil de midi sonne le retour vers le col, en contrebas les gorges de l'Arondine s'enflent vers le village de Flummet. En ces lieux sauvages, les fluctuations rapides de températures jouent parfaitement leur rôle, jours de fonte, nuits de glace, c'est le rythme incessant imposé par la nature. Même les bulles d'air qui flottent sur les eaux rapides de l'Arondine ont l'air de se cristalliser dans l'ombre, la glace fondue et refondue prend des reflets cyans, la neige s'écoule insidieusement pour former une glace opaque et plissée, les larmes de la montagne se figent en de longs doigts blafards.

 

stalactite.jpg


A l'entrée des gorges sur le bord de la voie, des tuyaux d'orgue presque fluorescents s'unissent à la neige molle, alors que certaines pépites de glace explosent de reflets dorés au moment ou le soleil quitte ses lieux soudain sans lumière.


grandlachat.jpg


La lune s'accroche déjà au Grand Lachat, en direction du Bornant, alors qu'un parapentiste regagne la terre avant le début du gel. Une lumière inimaginable ondule entre les épicéas qui commence à relâcher un brouillard givrant habituellement matinal.


glace3.jpg


Au retour, le lac d'Annecy n'offre pas les mêmes impressions, les eaux sombres de l'est tranchent totalement avec celles de Bout du Lac et de Jorrioz. Les brumes du Semnoz n'en finissent plus de flotter au gré des vents, le mont Verrier a crevé le plafond, une lumière jaune se disperse dans l'air vaporeux de cette fin d'après midi sans couleur. Les seules traces de neige encore visibles s'accrochent aux dents du Lanfon, l'hiver serait-il mort, noyé dans les eaux vertes et printanières du lac d'Annecy?

 

Retrouvez toutes les photographies dans l'album, Jours de fonte, Nuits de glace

 

lacannecy

 

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 18:30
 

savoie2.jpgLa dent du Chat

L'Isabelle de France:

 

Aix les Bains, dont les thermes furent découverts par des cavaliers celtes sur les pentes du mont Revard, est ma première destination. Au cœur des Savoies, la deuxième ville thermale de France permet un accès direct au massif des Bauges, au lac d'Annecy et à la chaîne des Aravis. Du belvédère de la Chambotte, tout de même recouvert de quinze centimètres de neige fraîche, mon premier regard sur le lac du Bourget est bloqué par une chape de nuages denses et colorés. Le mont de la Charvaz et la Dent du Chat y dominent par temps clair et dégagent un aspect sombre dont le contraste est accentué par la lumière solaire qui rebondit sur les cumulus figés entre le Corsuet et l'abbaye de Hautecombe. Les eaux du lacs glaciaires sont invisibles. savoieNé du retrait des glaciers du quaternaire,- preuve que le réchauffement climatique ne date pas d'hier- le plus grand lac naturel français semble cependant en léger retrait. Pour s'en rendre compte il suffit d'aborder le point de vue du village de Charpignat, sur la rive ouest d'ailleurs baptisée côte sauvage. Un vent froid sèche les pierres de renforcement de la berge, quelques débris végétaux s'accumulent entre les rochers, la digue de retenue garde les stigmates d'un niveau d'eau supérieur de près d'un mètre. Un rapide calcul me fait rapidement entrevoir la valeur approximative du déficit. Un pour cent (1,17 exactement), ce n'est rien penseront certains, pourtant, ce petit un pour cent représente tout de même 4 jours de la consommation domestique nationale, ce qui relativise cette simple analyse.

savoie3.jpgJ'abandonne rapidement ces pensées obscures, les eaux translucides du lac se perdent dans un dédale de roches ocres que forment les anciennes moraines de fond du glacier, la ville thermale se dilue dans une brume rosâtre, le ciel se dégrade d'un bleu subaquatique à un ton azur. Malgré un plafond nuageux trop bas je décide de poursuivre vers le col du Chat. Largement enneigé, malgré ces 638 mètres, il reste ouvert à la circulation routière. Mon thermomètre affiche 8° Celsius à 14h30 en cette fin de mois de Janvier. La D914 se perds dans la Charvaz et le brouillard dense, j'accède au belvédère de Contes sans aucune visibilité, l'abbaye de Hautecombe y est à peine perceptible. Un cocon ventru se balance sur une branche de pin entre deux coups de vent. Le volume de l'enveloppe m'intrigue quelque peu, de la taille d'une noix de coco ce type d'abri soyeux se rencontre habituellement durant l'automne. Les chenilles, parasites du pin, qui ont développé ce cocon ne devrait pourtant pas se croiser au nord des Alpes. Après quelques recherches je découvre que le papillon vitrail communément appelé l'Isabelle de France, nom usuel du Graellsia vit habituellement, de manière endémique, dans quelques localités du sud des Alpes, les Pyrénées orientales, ainsi qu'en Espagne. C'est une espèce protégé et en voie d'extinction, unique au monde. Ce constat me rappelle subitement que la Mante religieuse a fait son apparition dans les régions de l'est de la France, l'été dernier.

savoie4.jpgEst-il pour autant indéniable que le climat de montagne actuel est en train de prendre un aspect plus méditerranéen? La météo d'une région ne se limite pas aux variations de températures. Elle est le fruit de combinaisons multiples où l'humidité de l'air, les pressions atmosphériques, la géographie des lieux, les vents et les précipitations, entre autres, favorisent une multitudes de possibilités et de résultats. Je laisse mes pensées divaguer entre les lacets du col du Sapenay, à l'opposé du col du Chat. Après quelques kilomètres, il devient difficile de progresser, les roues patinent à chaque sortie de virage, plus bas un panneau indique que le col d'une altitude de 897 mètres est fermé. Le lac du Bourget reste imperceptible. Je renonce à poursuivre quelques centaines de mètres après le village d'Expilly, 20 cm de neige compacte m'oblige à un demi tour incertain, dans une purée de pois qui limite ma vision aux abords d'une route indistincte.

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Je gagne néanmoins les eaux bleutées par la D991, en direction d'Aix les Bains. Une ligne blanche coupe l'horizon! Entre brumes légères et eaux grises, le rayonnement solaire fait ressortir l'épaisseur de la neige accumulée sur la rive opposée. Le lac semble infini, pourtant à quelques minutes de navigation le hameau de Saint Gilles disparaît dans les vapeurs outre-mer du Bourget. De la Chambotte, au soir du premier jour, un rayonnement oblique calque les formes du Charvaz sur une eau ridée dispersant des tons ors et violacés.



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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 11:38
 

A l'heure ou tout le monde parle du réchauffement mondial du climat, certains professant des bouleversements inquiétants, d'autres contredisant totalement les premiers, j'ai eu envi d'appréhender de visu les conséquences possibles d'un dérèglement météorologique général. Le cadre hivernal des deux Savoies devrait me permettre de présenter quelques constatations que le bon sens ne peut renier.
mer-de-nuage001.jpgQuelque images de "mer de nuages"

mer-de-nuage002.jpgmer-de-nuage003.jpgLe sommet du Charvaz

L'idée de départ est simple, en admettant une hypothèse haute, celle qui privilégie une fonte importante des glaciers, un déficit important de l'enneigement des Alpes et une accentuation extrêmes des températures je décide d'aborder les cols et sentiers des contrées savoyardes sans les équipements spécifiques à une région de montagne. Ni pneu neige, ni chaine, ni raquette, ni gore-tex, en bref, je m'engage à l'état de touriste inconscient et nonchalant. Tout en cherchant à connaître les différents symptômes de la gelure, de l'engelure et de l'onglet je prépare minutieusement les parcours qui vont me mener, en premier lieu, sur les bords des lacs du Bourget et d'Annecy afin d'y détecter un éventuel déficit d'eau.

lac-de-montagne001.jpgLe Bourget

lac-de-montagne002.jpgLe lac d'Annecy

La seconde étape consiste à aborder les cols des Aravis, infranchissables en hiver, les Bauges et le massif de la Chartreuse afin d'y évaluer le niveau d'enneigement. Les dernières phases de mon périple, entre Tarentaise, Beaufortin et Sept Laux doivent me permettre de confirmer, si possible, que la montagne a perdu toute sa sauvagerie hivernale. Si tant est qu'un hiver exceptionnellement chaud ne contredise pas cette idée, au premier abord, d'une simplicité tout aussi extrême, qu'il n'y a plus de saisons, même en zone de montagnes!

paysage-de-montagne001.jpg

 La Chartreuse

paysage-de-montagne002.jpgL
es Bauges au coucher du soleil

paysage-de-montagne003.jpg
Les Aravis

A suivre. Merci de votre visite.
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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 17:37

Fracture de glace


Le GIEC ( Groupement International d'Expert du Climat ) nous annonce encore des variations de température énormes pour la fin du siècle.


Le dernier rapport atteste que le réchauffement climatique, largement lié aux activités humaines, se poursuivra avec une élévation des températures comprise entre +1,8 et +4°C selon les meilleures estimations. Malgré tout les prévisions dans leur valeur sont en baisse de 20% alors que l'élévation moyenne du niveau des mers passe de 48.5 mètres à 38.5 mètres  ( calcul contestable, je sais ) soit en baisse également de 20%. Comme la nature est bien faite. Les émissions de gaz à effet de serre augmenteront de 25 à 90% d'ici à 2030, comparé à 2000. Emissions, ne veut pas dire concentration, nous allons y revenir un peu plus loin....

Pourtant le président du groupement semble catégorique, même si certaines études contradictoires attestent à leur tour, non pas d'un réchauffement global, mais d'une possible et probable baisse des températures à long terme, on entend même parler de variations et non plus de changements, climatiques. Alors désert de glace ou désert de sable? Qui va l'emporter?

Perdu dans la glace



Pour une fois, je souhaite me faire l'avocat du diable. Mon scepticisme à l’encontre de l’effet de serre est certain, je le précise par honnêteté.

En 1967, les prévisionnistes du climat annonçaient un doublement de la concentration de CO 2 en 2000. Ce dernier a effectivement augmenté mais dans des proportions plus faibles, plus 15% environ. On prédisait en catimini à l’époque 2.5° C d’augmentation en 40 ans. Le résultat est connu : 0.72 degré depuis 1860, précision importante, soit sur une période de 150 ans. Aujourd’hui le GIEC annonce au minimum 1.8° C, au pire 4 degrés. Que faut-il en penser…. !!!

Jour de glace



Soyons médisant! Il semble aujourd'hui possible, à chacun d'entre nous, que le réchauffement climatique soit la conséquence de nos actes d'émetteur de gaz à effet de serre! Permettez-moi de soulever quelques contradictions sous la forme de boutades. On nous annonce une augmentation de la température des océans, une fonte des glaces polaires et des glaciers du Groenland et d’ailleurs. Pourtant, chaque été, dans mon verre de soda, les deux glaçons qui s'entrechoquent ont toujours fait baisser la température du liquide. Ce raisonnement vous paraît simpliste? Soit! Les météorologues travaillent sur les mêmes modèles mathématiques que les climatologues. Pourtant les prévisions du temps qu'il fera dans huit jours sont tout à fait incertaines, faute de pouvoir développer une météo pointue au niveau locale. Chacun en a souvent fait l'expérience. N’est-il pas abusif d’affirmer, que sur une échelle de 100 ans, le climat va connaître une augmentation de température de 5° C sur le sud de l'Europe? Désolé encore de me faire l'avocat du diable. La très grande majorité des modèles parviennent tous au même résultat invariable, alors même qu'ils utilisent des critères d'évaluation différents? N'y aurait-il pas là un énorme biais invisible à l'œil du climatologue? A propos de biais, le système atmosphérique n'étant pas globalement prévisible, la complexité du domaine demande des simplifications dans la construction des modèles, la représentation du système climatique n'est que partielle, nous ne sommes peut être pas en mesure de prendre en compte toutes les données!

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 On parle de rayonnement cosmique, pour expliquer le phénomène mais la n'est pas mon    propos. Certains spécialistes démissionnaires du GIEC ( qui semble mêler politique et  climat ) affirment que les prévisions du groupement sont fausses et pire qu'elles correspondent totalement à l'inverse de la réalité. En résumé, il est affirmé que la hausse des concentrations des gaz à effet de serre entraîne une chute des températures par accélération de la dispersion vers le cosmos......Vaste débat !
Les anciens modèles mathématiques ( du moins je l’espère ) étaient alimentés par des scénarios de référence dont certains comportaient des consommations d'énergie fossiles supérieures aux ressources connues, voire même à une augmentation de la consommation de pétrole jusqu'en 2100! Permettez-moi encore une question simpliste. Qui -ou quoi- a engendré les quatre effets de serres consécutifs des 400 000 dernières années? Certes le niveau des mers a augmenté de quelques centimètres, certes les hivers sont moins rudes -quoique 2008-2009 restera peut être dans les annales pour ses chutes de neiges records-, oui certaines espèces animales ou végétales migrent vers le Nord, mais n’est ce pas là ce qui se passe depuis la nuit des temps ? Cela me rappelle les lois de l'évolution. !
Le mouvement et l'adaptation....

Bonne soirée, merci de protester....si besoin

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