Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 14:08

 

rougequeuetetenoireaunid006.jpg

Ce n’est pas la première fois que j’observe la présence d’un nid de rouge-queue en milieu habitable. Ce petit passériforme d’un poids souvent inférieur à 20 grammes n’hésite pas à investir les lieux habités s’ils sont peu fréquentés. En particulier si une ouverture permet un accès permanent à l’habitation humaine. Il est vraisemblable, que le printemps froid de cette année 2013 a poussé les géniteurs à investir, en priorité un lieu chauffé. Présent en mars ou avril, après une parade nuptiale sautillante, le mâle forme couple avec une femelle d’un gris terne, aux rectrices orangées.

 

rougequeuetetenoireaunid007.jpg

 

rougequeuetetenoireaunid008.jpg

Les deux adultes nourrissent les oisillons, à tour de rôle, malgré la présence proche du chat domestique. Larves et insectes sont au menu du jour. Le mâle refuse d’accéder par les fenêtres ouvertes donnant sur l’est, il arrive, systématiquement par le nord, en prévenant quelques secondes avant le posé. Du poste d’observation, il observe les lieux et s’accroche ensuite au nid pour alimenter les plus affamés.

rougequeuetetenoireaunid003

 

rougequeuetetenoireaunid004-copie-1.jpg

Au premier cri, les oisillons tendent le coup pour offrir un bec jaune vif, grand ouvert. Les parents passent toutes les deux minutes, en moyenne, afin d’assurer la survie des oisillons.

 rougequeuetetenoireaunid005-copie-1

Plus surprenant, la femelle récupère les fientes des oisillons après le nourrissage, ces fientes ressemblent à une pâte molle, de couleur blanche, le nid reste ainsi propre et surtout, permet de conserver le plus longtemps possible la présence de cinq oisillons. Les fientes sont déposées à l'extérieur dès l'envol.

rougequeuetetenoireaunid002.jpg

Le rouge-queue niche aussi en falaise, dans une cavité, voire dans un mûr de pierre bien exposé.  6 œufs sont parfois présents à compter du 15 mai, ici les oisillons sont nés vers la fin du mois de mai, la couvaison dure plus de 10 jours, jusqu’à 15 jours au maximum. Le grand danger reste le moment ou les oisillons quittent le nid pour apprendre à voler, ils se cachent alors au sol, mais sont très vulnérables. Une deuxième ponte peut avoir lieu peu après, le départ des premiers nés. Puis ce migrateur partiel quitte les régions de l’est, avant la fin septembre, pour le sud de la France.

 

jlv

 

 

 

 

Repost 0
26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 13:51

effraie004.jpgElle quitte son perchoir quand naît l’obscurité ! D’un envol suspendu, totalement silencieux, la dame du clocher hante les prairies jusqu’au bout des ténèbres !

 

animauxdujardin008

 

La spécialiste des petits rongeurs ne dédaigne pas les batraciens et les insectes, voire les chauves-souris. Le lièvre constitue quelquefois son dîner nocturne, même si l’évènement reste rare.

 

lievre001.jpg

 

D’un vol circulaire, à moins de deux mètres du sol, la dame blanche cueille plusieurs dizaines de rongeurs, chaque nuit ! Nichant au sol ou en hauteur, le nid se doit d’être hors d’atteinte de la fouine, du renard ou du chat domestique. Du chat sylvestre aussi.

 

rousse001.jpg

 

Cette fois, la rousse, dissimulée dans les latrines du blaireau voisin, est en sécurité si elle se tient tout aussi muette  que l’effraie !

 

cheveche001-copie-1.jpg

 

cheveche002-copie-1.jpg

 

Elle fréquente parfois les même territoires que la chevêche, plus petite, mieux adaptée aussi à l’hiver qui voit souvent, l’effraie périr lors des périodes de grands froids !

 

Ci-dessous : pelote de réjection, crâne et mandibule de musaraigne !

effraie003.jpg

 

effraie001.jpg

 

effraie002.jpg

 

JLV

Repost 0
9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 11:19

pie-grieche-ecorcheur002.jpg

A l’heure ou le feu du ciel teinte les herbes sèches de la prairie, la sentinelle engage un papotage répétitif à voix basse !

 

mirabellier001.jpg

 

Ce bavardage intempestif berce le premier sommeil du blaireau qui a élu domicile sous un haut cerisier. Non loin du poste de garde de la pie, couché en boule, dans un terrier fraîchement aménagé d’herbes faucardées à coup de griffes,  le mustélidé est rentré, par une gueule béante, bien avant le jour naissant!

gueule-terrier-blaireau001.jpg

L’épeichette lui dispute le monologue, tambourinant comme un sonneur, les branches mourantes du mirabellier voisin. Ce pic insolent n’a que faire du passériforme. Lui traque l’insecte du bois alors qu’elle, chasse le tout venant, en particulier au sol, voire même le coléoptère, bourdonnant en plein vol.

Insecte piqué

Ennuyée parfois, par le manque crucial de haie, la pie grièche emprunte parfois à l’éleveur, une toise de fil de fer barbelé. Force doit rester à l’adaptation du vivant. Quand l’aiguille de l’acacia vient à manquer, le pic acéré de la ronce d’acier suffit à préparer un garde-manger !

papillon-marbreblanc001.jpg

Pour une fois, ce n’est pas le marbré, blanc papillon, qui lui servira de petit-déjeuner. Un coléoptère matinal, trop peut-être pour survivre plus longtemps, voit griser sa noirceur dans l’attente d’un ultime coup d’aile pré mortem  ! Empalé  par la tête, il dessèche lentement, inéluctablement, peu à peu au soleil de l’été. La nature n’est pas tendre, il faut bien l’admettre.

pie-grieche-ecorcheur004.jpg

 

pie-grieche-ecorcheur003.jpg

 

Elle s’exclame encore la grièche, revendique la suprématie des lieux à qui veut la croire ! Sautant d’un claquement des rectrices, d’un poste d’observation à un autre, elle peste encore contre l’envahisseur le plus bruyant qui soit ! L’étourneau, venu pour piller les lieux, comme un barbare, avant de ravager plus loin encore.

sansonnet002.jpg

 

pie grièche écorcheur005

 

sansonnet001.jpg

La flopée des sansonnets submerge l’herbier cahoté par un souffle nordiste quant, dans un accord parfait, les aigrefins montent aux cieux comme une marée de plumes. Un danger pressenti, le renard hypothétiquement, est sur un retour bien tardif ! Viser-t-il une fois de plus, ce fainéant laborieux, le gîte confortable du blaireau ?

 

C’est une autre histoire ! 

pie-grieche-ecorcheur001.jpg

 

 

Un petit aperçu de mon prochain livre, Histoires Naturelles de Lorraine

HISTOIRE NATURELLE LORRAIN 001

JLV

Repost 0
2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 22:37

lievrebrun011.jpgLe capucin, lagomorphe ou encore lièvre d’Europe, est difficile à percevoir, planqué et immobile au centre de la zone de gîte !

 

lievrebrun005.jpg

 

Il aime les aires champêtres, ouvertes, en lisère de bois, ornées de buissons dispersés et les champs céréaliers ou il croise parfois le chevreuil et le renard.

 

lievrebrun007.jpg

 

Il a conquis tous les milieux, tempérés, jusqu’à une altitude de 2000 mètres ! Nocturne, il s’observe de jour, en été, voire à compter du mois d’avril, durant la période du rut.

 

lievrebrun002.jpg

 

Il est possible de l’approcher, jusqu’à cinq mètres de distance, en avançant courbé, calmement et progressivement !

 

lièvrebrun003

 

 

Si vous avez l’occasion de l’observer quand il bouquine vous remarquerez que les combats sont spectaculaires.

 

lievrebrun009-copie-1.jpg

 

Son gîte qui est le plus souvent une petite dépression du sol, il l’occupe quelques heures, en herbes, en haies ou encore en buissons, tout en assurant sa toilette et son alimentation.

 

lievre004.jpg

 

Mangeur de graminées, il apprécie les plantes herbacées, les céréales, les baies comestibles, les bourgeons, les champignons, et les légumes de nos jardins ouverts.

 

lievrebrun004.jpg

 

Comme chez tous les lagomorphes, il ingère souvent ses laissées, riches en bactéries et vitamines  afin de les digérer à deux reprises !

 

lievrebrun008.jpg

 

 

Si besoin, en cas de danger mortel, le lièvre traverse les zones humides à la nage !  Il vagit éventuellement ( cri )

Le lièvre galope et atteints  les 70 km/h. Des pattes postérieures interminables lui permettent de faire des bonds de trois mètres.

 

 

 

lievrebrun006.jpg

JLV

 


 


 


Repost 0
19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 14:25

Cet as du camouflage est sorti de son trou avant l’heure. Agacé par les ricanements de la pie ou peut-être par l’excitation du rossignol des murailles, le rouge-queue à tête noire, perché sur son arbre qui lance des « tsip, tsip » à qui veux les entendre !

 

animauxdujardin008

 

animauxdujardin005.jpg

Alors que le Piaf, moineau commun de son état, surnommé également Pierrot qui lui fait concurrence sur le seul point d’eau possible en ses temps de sécheresse, cherche à éloigner les mésanges de son territoire d’investigation !

 

animauxdujardin003.jpg

 

animauxdujardin004.jpgNonchalant, le rongeur divague entre les pierres, renifle longuement aux pieds des herbacées, déguste quelques racines de pissenlit, sans remarquer le félidé qui s’est tapi sur le sol, à une dizaine de mètres de la proie favorite du chat domestique!

 

animauxdujardin009.jpg

 

pissenlit3

 

Le rossignol a beau décoché toute une litanie d’avertissements, rien y fait. Le fouisseur continue sa quête. Alors que la pie vient de s’envoler en silence, le félin se rapproche lentement, la tête dans les épaules, les mâchoires vibrantes et le regard figé sur le rongeur inconscient !

 

animauxdujardin011.jpg

 

L’animal fait des convoitises, de belle longueur, près de vingt centimètres du museau à la pointe de la queue et ferait bien l’affaire de la chevêche qui n’a rien manqué de la scène champêtre !

 

chevecheathena002.jpg

Le rapace ne s’en laissera pas compter, même si le chat représente une menace certaine. Le campagnol semble surpris, tout à coup, de tant de désirs. Il stoppe discrètement sa balade diurne et décide de se camoufler un instant contre une roche éclatée et surchauffée par un soleil descendant. La fin de la journée est proche, celle du rongeur le semble tout autant ! Un sixième sens animal lui commande de gagner au plus vite les soixante mètres de galerie creusées avec les dents, en compagnie de son épouse

 

animauxdujardin007.jpg

 

Le stratagème n’a trompé personne, le rat taupier qui fréquente le terrain depuis une année déjà, semble curieusement inquiet. Fixé, surveillé même par une multitude d’yeux sauvages et domestiques, sans intention louable !

 

campagnol001.jpg

 

Au moment ou le chat a bondi, il a hésité une seconde, une seconde qui décide souvent, dans le monde du vivant, de la vie ou de la mort ! Le combat est certes inégal, pourtant les « creek, creek » et l’aspect inerte du rongeur vont lui procurer une deuxième chance, à l’instant ou le chat ouvre la gueule pour s’amuser du désespoir de sa future victime. Le taupier en profite immédiatement pour se faufiler entre les tiges raides d’une botte de marguerites, prison naturelle qui va lui procurer un instant de vie supplémentaire !

 

animauxdujardin010.jpg

 

La chevêche a perdu tout espoir de dîner en avance ! Le félin pousse le rongeur de la truffe, s’impatiente devant son immobilité, recule même, fait mine de l’oublier. Dès que le rat taupier tente la chance afin de gagner son repère, une patte agile hérissée de griffes le bloque au sol à quelques dizaines de centimètres du refuge espéré ! La nature est cruelle, le rat grassouillet et le destin est parfois inéluctable, surtout chez le rongeur de campagne.

animauxdujardin013.jpg

Une sauterelle vient se mêler du conflit, les pattes emmêlées dans les herbes folles. Peu importe, me direz-vous, le campagnol pullule souvent, faute de trouver sur son chemin, l’ensemble des prédateurs nécessaire à sa régulation. Le renard, la belette, les rapaces en général, le chat sylvestre, et bien d’autres qui manquent trop souvent à l’appel du vivant.

 

animauxdujardin012.jpg

 

Finalement, c’est un chien en balade qui aura le dernier mot. Au moment ou la sauterelle s’envole, le félin relâche l’attention indispensable à la réussite de la traque, le canidé bouscule le chat, se saisit du rongeur qui croit son dernier instant venu.  

 

animauxdujardin006.jpg

Ce dernier se rebiffe d’un coup de patte vengeur, bien placé sur le museau, le chien apeuré laisse choir sa prise qui d’un sprint final disparaît dans la première galerie venue !

 

animauxdujardin002.jpg

 

Comme quoi, le domestique et le sauvage ne font pas bon ménage ! Le rat taupier retrouvera, cette nuit, le pré qui tarde à être fauché, pour son plus grand bonheur!

 

JLV

Repost 0
18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 17:18

Elle a élu domicile dans un tronc creux ou sous la toiture d’une grange, peut-être dans une cavité, à l’abri des regards, dans un vieux mur de pierre, en hauteur ! Ce rapace nain, dont la taille ne dépasse guère les vingt centimètres, pour une envergure deux fois plus grande est en voie de disparition. Toujours pour les mêmes raisons : anthropisation des milieux, destruction des haies, abattage des vieux troncs, collision…etc…etc !

 

cheveche002.jpg

 

 

Quelle chance, donc, de pouvoir admirer du fond d’une chilienne, le vol silencieux et ondulant de cette petite chouette,  toujours à l’affût d’un ver de terre ou d’une sauterelle verte, du hanneton,  voire du mulot aux aurores et durant la nuit. Voire encore dans l'attente d'un moineau domestique ou friquet ou encore d'une mésange bleue ou charbonnière durant la journée.

 

cheveche004.jpg

 

 

La Noctua ne prépare pas de nid durant la période de reproduction qui s’étend d’avril à juillet, tout au plus prends-t-elle le temps de choisir une cavité rocheuse ou un vieux tronc pour y déposer jusqu’à six œufs, les poussins étant nourri le plus souvent au sol durant une période de deux mois. La transformation de prés en culture, la fenaison et l’utilisation de pesticides impliquent donc une raréfaction de l’espèce.

 

cheveche001.jpg

 

Les traces et fientes de la chevêche sont rares, tout comme la chouette elle-même, au pied de son promontoire favori, un arbre, un poteau en bois, il est parfois possible de retrouver fientes et pelotes de réjection !

 

chevecheathena001.jpgElle sort de sa torpeur bien avant le coucher du soleil, profite des derniers rayons pour accumuler un peu de chaleur avant de partir en chasse !

Repost 0
13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 08:10

saurien004.jpg

Même si la ressemblance n’est pas frappante, il y a cependant un petit air de famille. Ce saurien, dont les oiseaux font partie, aux paupières mobiles, trouve ses origines « dinosaurienne » au trias, durant l’ère Mésozoïque ( hic) ! A bien y regarder, il possède les même yeux que son cousin, le lézard des murailles.

 

 

saurien001.jpg

 

 

Il est le seul représentant, lézard, apode en Europe. Une exception ce petit saurien à l’air de serpent ! Son tympan qui devrait être visible, comme chez tous les sauriens, reste caché sous les écailles. Le mâle varie du brun au gris, le ventre est noir. Les bandes longitudinales glissent le long du corps de la femelle, qui est moins longue que le mâle.

 

saurien002.jpg

 

Doué de la capacité d'autotomie, il est capable, tout comme le lézard, pour fuir un prédateur, d’abandonner sa queue qui une fois repoussée deviendra noire et tendue. Mère nature ne lui a pas accordé, une seconde chance. La queue ne se détachera pas une nouvelle fois !

 

SAURIEN 2562005

 

Du moment que le taux d’humidité est proche de la saturation, il fréquente les hautes prairies, les jardins peu exposé au soleil. Les sous-bois forestiers, et même les galeries des nombreux rongeurs, ou il se nourrit d’invertébrés, comme la limace, le ver, ou l’insecte rampant. Il aime disposer d’un point d’eau alimenté en permanence, ce petit saurien est un assoiffé. Il est aussi capable de creuser sa propre galerie, en particulier pour hiverner, dans un compost, un tas de fumier, bois en décomposition, tous lieux humides susceptibles de lui procurer un peu de chaleur !

Dernière particularité, on le surnomme parfois le serpent de verre, il possède une langue épaisse, rosée et bifide, dentelée diront certains, langue qui lui sert essentiellement à saisir ses proies !

 

JLV

Repost 0
12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 16:03

colvert022.jpg

 

Le canard colvert à l’état sauvage.

 

Voilà un oiseau très commun, peu craintif en ville et assez farouche en campagne. Ce barboteur de l’étang, de la rivière ou du lac, apprécie les faibles profondeurs, son alimentation variée, batraciens, plantes et graines, insectes et petits poissons en fait un omnivore presque parfait !

 

colvert018.jpg

D’un comportement assez calme, il devient complètement exubérant lors de la parade nuptiale qui peut démarrer durant l’hiver ! A ce titre, il peut se reproduire avec d’autres espèces semblables comme le pilet, le noir, voire encore le domestique dont l’espèce sauvage a contribué à ce genre. Il peut également s’hybrider avec de très nombreuses autres espèces !

 

colvert017.jpg


La parade nuptiale s’effectue sur l’eau, sifflet, gonflement du plumage et redressement des plumes rectrices font partie du jeu. Le tout, en tournant, tendant le cou, autour d’une femelle, de manière communicative. Le nid, au sol, est composé de plantes prélevées au milieu. Le colvert abandonne la femelle dés la naissance des canetons !

 

colvert012.jpg

Le nid se compose de 6 à 12 œufs, voire plus ! La couvaison s’achève après quatre semaines. Les canetons gagnent le milieu aquatique immédiatement. Les « cancanements » de la femelle rappellent les poussins à l’ordre ! Elle « canquette » et nasille également !

 

colvert015.jpg

Bien que le colvert soit un migrant, il est de plus en plus souvent sédentaire. Il est souvent porteur sain du H5N1 et du virus de la grippe aviaire ! Le colvert est susceptible de vivre une trentaine d’années, cependant cette espèce chassable est l’objet de prélèvements qui se comptent en millions d’individus, chaque année, sur le territoire français.

 

JLV

 

colvert014.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 16:03

heroncendre002.jpgBien avant l’aube, émergeant des vapeurs nauséabondes de l’étang, ses cris croassant filtrés par la chaleur d’une nuit d’été ressemblent aux glapissements du renard durant la saison des amours ! Pourtant, il est déjà loin, ce moment ou le malin roux séduit sa femelle. Les brumes d’août flottent sur les friches qui ont échappé à la fenaison. Le chant se répète inlassablement, des invitations se croisent. Ils sont plusieurs, encore invisibles! Dans l’attente du jour levant, tout comme les étourneaux qui se sont rassemblés pour la nuit, dans la jonchaie ceinturant presque toutes les berges, à l’exception d’une plage limoneuse.

 

_DSC9639_modifie-1-copie--15-.jpg

Peu à peu les contours se dessinent, la rive offerte à l’eau verte, victime de l’algue bleue, apparaît lentement dans la lumière d’un astre orangée qui émerge sûrement de l’est. Les profondeurs faibles de l’étang réfléchissent les formes diffuse de la foulque et du colvert, les premiers à l’œuvre en cette fin d’été. La poule d’eau ne tardera pas non plus à fouiller les vases, la salicorne rougeoyante et l’herbe rase. Dans un silence absolu, sans avertir, le premier pélécaniforme s’est posé sur la berge craquelée par la sécheresse qui sévit depuis plusieurs semaines, sécheresse concentrant les engrais déversés plus haut par un agriculteur voué malgré lui au productivisme.

 

heroncendre004.jpg

Suivi de deux autres, il scrute longuement l’eau frémissante de l’étang malgré une faible luminosité ambiante. Dans leur raideur habituelle, les trois compères totalement immobiles cherchent à sécuriser la zone de leurs yeux jaunes. Des yeux capables de détecter le moindre mouvement, l’ombre la plus fine, la plus infime modification d’un milieu qu’ils reconnaissent chaque matin. Subitement, les têtes se balancent lentement au sommet d’un long cou emplumé de gris et de blanc, les hérons s’agitent de la tête où un bec jaune semble désigner un point, de l’autre coté du plan d’eau. A quelques mètres, les yeux sauvages des oiseaux fixent une masse sombre dissimulée sous les branches tombantes des saules assoiffées par la canicule. Des craquements de bois secs claquent dans cette fin de nuit étouffante. La couronne formées par la saulée mélangée aux épineux n’a pas absorbé les déplacements d’un vieux solitaire, venu s’abreuver avant de gagner les ronces de la forêt proche. Le cochon sauvage et sans peur n’a que faire du héron. Il prélève rapidement sa ration d’eau chargée de cyanobactéries et repart en silence. Les hérons n’ont pas bougé, toujours attentifs, ils semblent s’interroger sur la nature de cette masse sombre qui n’était assurément pas présente hier, à la même heure.

 

heroncendre003.jpg

 

Ils bloquent soudain leurs élans nerveux et clouent leurs regards dans un ensemble presque parfait, dans la direction opposée à la plage. Un léger éclat a surgi dans les premiers rayons solaires, allongeant les premières ombres et rasant l’eau fumante. Le premier arrivé pousse alors un cri d’une force insoupçonnable, un cri venu du fond des ages où l’oiseau en question était peut-être encore, un saurien ! Cri immédiatement imité par les deux autres. Ouvrant un large bec, la scène est reproduite à plusieurs reprises par les trois hôtes de l’étang invitant l’objet de leur curiosité à se découvrir. A se faire connaître ou reconnaître. Le héron, quel qu’il soit, se doit d’être prudent.

Ces ancêtres furent pourchassés, persécutés et presque éradiqués par l’obsession des hommes à rentabiliser les milieux naturels. Le plus majestueux des hôtes, le héron cendré a cependant repris peu à peu possession de l’étang ou du marais. Cet arboricole fréquente également la roselière ou il aime à se cacher, mais aussi les berges du canal ou de la rivière ! Tout comme les rives ensablées et les prairies dévouées aux ovins et équidés, du moment qu’elles se trouvent non loin d’un point d’eau. Si ce dernier vit en nombre dans nos contrées où de multiples héronnières existent à ce jour, c’est bien parce que l’homme lui a appris à ses dépends la plus grande des prudences !

affutmixte 


Cet éclat, dans le jour naissant, n’a rien de naturel. C’est celui d’une lentille de verre. Malgré la présence d’un pare-soleil, la lumière légèrement oblique du soleil se reflète dans l’objectif. Le photographe, bloqué derrière son objectif incapable de concentrer le peu de lumière disponible, sent venir l’ankylose, consécutive à une longue attente. Couché au fond d’un canoë, le chasseur d’images tente d’orienter, malgré tout,  un objectif proéminent dans la direction des trois compères qui se contractent dans la seconde. Prêt à fléchir les pattes pour décoller au plus vite si besoin. Le plus expérimenté pousse un cri d’alerte bref, en une seconde, le message est passé. Les trois hérons fuient en direction d’un arbre mort, foudroyé par l’orage, l’été dernier. Le photographe, encore sous le charme, n’a pas déclenché son appareil,  peu de lumière et peu de possibilités de mouvement ne permettent pas d’obtenir une image de qualité. Il attendra longtemps le retour du héron, sans succès ! Il reviendra plus tard.

 

heroncendre005.jpg


Dans la distribution des sites, il semble que le rôle des paysages,  leur hydrographie, soient fondamentaux pour l'espèce. Pourtant le héron cendré est parfaitement en mesure de changer ses habitudes voire ses techniques de nidification s'il rencontre un territoire hydrographique hors norme, privilégiant même, parfois, les eaux saumâtres. Il sait aussi renoncer aux hauteurs. Faire son nid au fond d’une roselière n’est pas un obstacle à la reproduction de l’échassier. D’autres oiseaux spectaculaires fréquentent également son territoire. Le Busard des roseaux reconnu à son envolée lente alternée de coups d'aile et à ses glissades silencieuses, peut-y atteindre les 50 kilomètres/heure. Cet élégant rapace est souvent représenté par deux autres espèces, le Busard cendré et le Saint martin uniquement présent en période hivernale. La cigogne fréquente assidûment l'étang. Le colvert mâle s'y exhibe en une parade nuptiale très élaborée. Il cherche avant tout à présenter ses plumes brillantes en posant sa tête sur son dos, puis  se redresse, gonflant la poitrine en crachant et sifflant. Il dresse enfin sa queue en bouffant les plumes de sa tête pour finir dans une course folle autour de sa conquête,  tendant le cou. Un comportement surprenant au premier abord!

 

GREBEHUPPE

 

Le plus aquatique est sans conteste le grèbe huppé excellent plongeur, il se reproduit également sur les ondes, même son nid confectionné de tiges et de feuilles entremêlées flotte aux abords de berges protectrices. Ses pattes,  complète démonstration d'une évolution bénéfique, sont implantées très en arrière du bassin, à la manière des hélices sur un bateau. Preuve encore que l'homme n'a rien inventé que la nature n'ait déjà mis en oeuvre. Ce roi du ballet nautique, durant la saison des amours, garnit sa tête de plumes noires et de collerettes rousses exubérantes. Il a également inventé la pouponnière flottante. Chaque année le couple produit deux ou trois oisillons très vite réfugiés  sur le plumage des aïeuls qui partagent alors la lourde tache du transport durant les six premières semaines. La grâce hante depuis toujours les milieux humides, le cygne tuberculé dont la longévité peut atteindre vingt ans fréquente les eaux troubles en grand nombre. Cet anatidé, très sociable, sauf quand il se reproduit, fréquente aussi les eaux saumâtres ou salées. Sa vue et son ouïe sont tout à fait remarquable. Elles lui permettent de couvrir un territoire de deux à quatre hectares dont il exclut à l'état sauvage, tout intrus. Le héron bien sûr connaît parfaitement l’interdiction, mais l’étang est vaste et chacun y trouve sa place.

 

heroncendre007.jpg

 

 

Ce texte est tiré de mon prochain livre. Histoire Naturelle de Lorraine disposible vraisemblablement en Septembre.

Repost 0
5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 15:43

LE-CASTOR 2704006

 

La découverte d’une femelle morte récemment sur le cours d’eau me permet de vous présenter la morphologie particulière du rongeur, totalement adaptée aux milieux aquatiques à faible débit.

 

Ce grand rongeur, à la queue plate, creuse des galeries dont l'entrée principale se trouve sous le niveau de l'eau, en rivière ou encore en lac.

 

LE-CASTOR 2686001

 

LE-CASTOR 2691007

 

Lorsque le niveau est peu profond, il sait aussi construire une hutte faite de branchages et de roseaux. Les pattes antérieures sont munies de 5 doigts puissants et de griffes acérées. Des galeries d’aération émergent souvent dans la berge !

 

LE-CASTOR 2745002

 

Excellent nageur, grâce à des pattes postérieures palmées, aux griffes plus courtes, il laisse parfois de belles empreintes ou les cinq doigts sont bien visibles. Sur sol dur, seuls quatre doigts apparaissent.

 

LE-CASTOR 2689008

 

LE-CASTOR 2712003

 

Les coulées récentes sont peu visibles, celles qu’il empreinte pour gagner la berge, comme d’autres ( ongulés) en sens inverse, afin de boire, sont beaucoup plus formées.

 

Bien sûr, le castor occasionne quelques dégâts à la végétation, en particulier aux saules qui bordent les rives. Il est capable d’abattre un tronc de 50 centimètres de diamètre, cependant, il lui faut donner 50000 coups de mâchoires, environ pour abattre un arbre de cette taille. LE-CASTOR 2680009

 

LE-CASTOR 2725005

 

Il débite ensuite l’arbre en bûche, rondins et branches dont il se sert pour construire un abri. Il se nourrit uniquement de l’écorce et des feuilles vertes. En hiver, seule l’écorce peut donc être consommée. 

 

LE-CASTOR 2741001

 

Sur les mêmes lieux, le rat musqué et le héron cendré sont souvent présents. Oiseaux-2742004.jpg

 

rat musqué invasive310

 


 


 


 


Repost 0

Profil

  • JLV
  • AUTEUR PHOTOGRAPHE
  • AUTEUR PHOTOGRAPHE

Recherche

Archives