Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 11:50

 patou-c-J.L.-Borelli-FERUS.JPG

Il est possible de comparer le pastoralisme vosgien à celui du Jura ?


Dans le Jura, tout comme en Vôge, le troupeau est souvent divisé

en plusieurs lots, stationnés pendant toute la saison, dans différents parcs.

 

Une étude portant sur le massif du Jura, pendant dix ans, observant les prédations du lynx sur les ovins et caprins apporte les constatations suivantes, alors que 60% seulement des lots sont protégés.

Lynx003

La mise en service des chiens n’a pas été faite en corrélation avec la présence d’une lisière forestière. Il est donc, théoriquement possible, d’améliorer les résultats. Les chiffres parlent d’eux même !

 

 

L’étude porte sur 42 chiens dont le Patou constitue 90% des effectifs dont une majorité de mâle. ( 70%)

 

22 éleveurs ont participé à l’enquête menée par Jean-Marc LANDRY & Patrice RAYDELET ( pôle des grands prédateurs).

Voir le lien en bas de page.

 Lynx002

L’évolution des dommages est la suivante :

 

Chute en moyenne de 70%

 

84% des éleveurs n’ont subi aucun dommage ou on réduit les dommages de 90% ( les tentatives de prédation sur les troupeaux « protégés » existent quand les chiens sont retirés momentanément)

 

Les pertes sont élevées chez les éleveurs dont la garde du ou des chiens n’est pas assurée sur l ‘ensemble des lots de moutons ( 16%)

 

Les pertes subies le sont dans 98% des cas sur des troupeaux non protégés par le Patou ou le Maremme

 predateur001

En présence du loup, dans un cas particulier, 27% des prédations sont le fait du lynx, 73% le fait de chiens errants alors que 50% des lots ne sont pas couvert par la défense de chiens !

 

Le nombre d’années sans aucun prélèvement est de 7 en moyenne, à relativiser, puisqu’un éleveur a toujours bénéficié de protection canine pour ses troupeaux. La fourchette est large, entre 1 à 23 ans sans prélèvement.

 

4 ans semble la moyenne relative, acceptable, sur cette étude !

Plus de 80% des éleveurs atteste que la présence de chiens est indispensable.

 

Les relations entre chien de conduite ( Border collie) et Patou sont jugées bonnes dans 67% des cas de contact, sur 27 chiens observés.

 Les-mammiferes 8547 modifié-1

Le temps consacré aux chiens, varie de 5 minutes à deux heures par jour, en fonction de leur âge, 0 à 15 minutes, par jour, dans 85% des cas. La formation des éleveurs semble donc  importante dans tous les cas. Le niveau de connaissance des éleveurs, concernant le chien de défense, est faible ou moyen dans 75% des cas ! Sans formation, 46% des chiens sont efficaces, 100% quand l’éleveur est formé.

(voir le lien, en bas de page)

 

Les conflits de voisinage concernent 50% des éleveurs, répartis entre les chasseurs et les voisins directs. Les conflits de voisinage (aboiement) concernent 30% des éleveurs, les relations avec les chasseurs sont détériorées par la présence de chiens de chasse, qui ne semblent pas êtres aux ordres. Il est peut-être possible d’établir une corrélation entre le temps consacré aux chiens et les conflits de voisinage. L’importance de l’éducation du ou des chiens est donc primordiale pour assurer la paix !

 Mob001

Deux accidents notoires  (tentative de morsure) sont à relever :

 

Une tentative de pincement sur un chasseur qui cherchait à caresser un chien de défense.

 

Le saisissement du vêtement au niveau du bras, lors de l’entrée en bergerie, d’une personne non habilitée qui a outrepassé une interdiction d’entrer. Les comportements individuels irréfléchis sont donc générateur de défaut de comportement des chiens, l’information des touristes peut localement être indispensable !

 

En conclusion cette étude confirme que le chien de protection est la base d’une protection de troupeau, et atteste de la disparition ou  de la réduction des dégâts faits aux troupeaux par les prédateurs.

 

 loups européens311

Les chiens de protection ont été utilisés durant des milliers d’années sur le territoire national avant l’éradication des grands prédateurs. Il serait nécessaire d’effectuer des études scientifiques quant à la qualité des différentes sous-espèces concernées.

 

Concernant le loup, on peut attendre les mêmes résultats dans les Vosges, les terrains accidentés demandent des chiens aguerris et plus nombreux, présents en permanence. Une présence humaine plus fréquente. Les instincts de regroupement des moutons ( en général, ce n’est pas le cas de toutes les sous-espèces) facilitent le travail des chiens. Les Patou peuvent « s’auto-former », en présence d’un chien adulte expérimenté. Les premiers signes d’attachement fort vis à vis du troupeau apparaissent dès l’âge de 5 mois, à l’éleveur de garder la distance nécessaire avec son chien, afin que le troupeau devienne sa meute. L’abreuvement des chiens doit se faire au même endroit que celui des ovins.

 loup 003

Les cas de morsures, affectées par le Patou, concernent moins de 4% d’un effectif, le plus souvent, pour ne pas dire, dans tous les cas, suite, à un défaut de comportement humain ! En présence de deux chiens, la probabilité d’une morsure est donc de :

    Moins de 1 sur 1000.

 

 

Efficacité du chien au travail en zone loup ( 99% de Patou) :

 

Les prédations du chien de défense sur les ovins représente moins de 1% des chiens sur 113 chiens observés. ( 17% des chiots blessent, par jeu, un ou plusieurs agneau, d’où l’intérêt de « l’auto-formation » par un adulte chevronné, la fugue est fréquente également, avant 9 mois)

 

La présence humaine n’est pas indispensable les premiers mois de gardiennage, elle dépend du temps passé, par le chien, en bergerie. Toutefois l’accoutumance du troupeau est favorisée par un passage occasionnel de l’éleveur ou du berger.

 campagne003

Le niveau de satisfaction des éleveurs est de 92%, estimation « bonne » à « moyenne », le taux est lié aux connaissances de l’éleveur.

 

L’agressivité des chiens est ressentie dans 6% des contacts, en particulier en présence d’un chien étranger. Dans les faits sur une observation ( Ferus) de 387 cas ( randonneurs), aucune morsure n’est avérée en présence d’agressivité du chien de défense. Les mamies devront éventuellement laisser leur toutou à l’hôtel, le temps d’une belle balade !

 

Le temps d’adaptation du troupeau est de 1 à 4 mois dans 75% des cas, pour le premier chien, 1 mois pour le second.

 

Le chien de défense est efficace si :

 

Le niveau de prédation est fort

Le temps de préparation des chiots est suffisant

Les chiens sont capables de travailler dans des conditions extrêmes

 

La présence d’un berger est économiquement possible à partir de 1000 têtes de bétail, le regroupement des éleveurs, dans certains cas est donc, indispensable, pour se préserver du loup complètement.

 paysagesvosges005

Pour conclure je cite l’Est Républicain en date du 23 juin 2011 :

 

« Coté éleveurs, on est encore plus radical. « C’est simple, le VTT et le parapente à La Bresse c’est fini ! Si on continue notre élevage, on va devoir utiliser des chiens de défense. Ces chiens-là se sentent agressés par ce genre de pratique et pourraient s’en prendre à ces sportifs. En sachant qu’il suffit de deux chiens comme ça pour disséminer une meute entière de loups ! », prévient Jean-Yves Poirot. »

 

http://www.estrepublicain.fr/fr/grand-est/lorraine/info/5304324-Le-loup-flashe-dans-les-Vosges

 

Là encore, la nécessité d’organiser des études complètes dans les Vosges et ailleurs semble indispensable.

 

JLV

 

 Les liens:

http://www.polegrandspredateurs.org/

 

http://www.loup.org/spip/IMG/pdf/doc-52.pdf

 

http://www.ferus.fr/loup/le-loup-et-les-troupeaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Profil

  • JLV
  • AUTEUR PHOTOGRAPHE
  • AUTEUR PHOTOGRAPHE

Recherche

Archives