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NATURE ENVIRONNEMENT

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J’ai un peu hésiter. En premier lieu, à vous servir de la viande froide
pour le petit déjeuner, le dîner, pour d’autres, mais la nature comme on dit…est sauvage et sans pitié. En second sur le titre de ce nouvel édito qui aurait pu
s’appeler :
Le Mort Sert Le Vivant. L’Edito.
Mais, cela pourrissait macabre, paraissait macabre. Excusez-moi, lapsus très révélateur. Pourtant en ce nouveau
jour de neige, je dois dire que le mort ne sert à rien. En promenant mon chien, ce matin, le nez collé à la glace ( pas moi, le chien bien sûr) je fus surpris de découvrir le cadavre, raide et
froid d’une martre, je crois- bien qu’au premier abord j’avais pensé à une hermine- recouverte en partie par la neige de cette nuit, vautrée contre
la base d’un vieux chêne presque centenaire. Ce mustélidé, qui enfin, n’est plus déclaré espèce nuisible, n’a pas supporté les assauts répétés de l’hiver. Mais c’est le cas de bien des hommes,
chaque hiver, dans nos rues largement éclairées toute la nuit.
Les paysages enneigés de la vallée ont gagné en beauté mais la mort, effectivement peut servir le vivant. J’avais à peine tourné le dos qu’une envolée de corneilles cafardeuses à souhait
lançait ses invectives sordides pour signaler la propriété du cadavre. Il faut dire que les temps sont difficiles pour tout le monde. Même pour les hommes. Ainsi donc, la mort du voisin serait
une renaissance provisoire pour le vivant. Les corneilles ont beau gueulé comme des sourds -c’est ce que pense la buse variable- la buse donc, se dit que ce cadavre exquis est au pied
de son poste d’observation préféré, et par-là même au centre de son territoire de chasse. Elle n’a nullement l’intention de partager, bien que la corneille soit capable en petit groupe de lui
tenir tête. Il y a encore le renard, mais il est trop occupé à trouver un dernier mulot de l’autre coté de la route.
Les nuits hivernales sont longues, pour lui aussi. D’un envol circulaire, semblant flotter en totale apesanteur, elle invite d’un coup de
sifflet bref, la troupe de Corvus noirs à quitter les lieux. Mais nul ne s’en laisse compter et le manège dure. Décidément, ce sont les oiseaux, qui veulent le dernier mot. ( chant devrais-je
dire ). Je le reconnais immédiatement à son cri blafard, le « cacardeur » de service, au mieux cajole, au pire jase, mais quand il cacarde, aucun doute c’est bien le geai des chênes qui
revendique lui aussi. Il se prépare bien un festin, ce matin, je vous aurai bien invité à mon tour, pas à déjeuner, ni même à dîner, mais assister à cette sauvagerie naturelle. Cependant comme je
vous l’ai dit au début de cet édito.
Ce matin, la mort ne
sert à rien. Et pour cause, la bête est parfaitement conservée, dégagé de la neige avec précaution, elle paraîtrait presque endormie. Et pour cause, son corps est complètement gelé. Le festin
sera pour demain.
Bien à vous. JLV
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