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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 17:10

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Colloque du 30 juin 2013. Parc de Sainte Croix. Rhodes

Le thème : L’avenir du loup et du lynx dans les Vosges

Animateur des débats : Patrice Costa

Pierre Singer, directeur du parc de Saintes Croix, explique en introduction du colloque, que le but de cette manifestation est de « se faire une conviction » sur le loup.

Intervenant :

Valérie Salvatori, ONG, Institut d’Ecologie, à Bologne.

La conférencière souhaite expliquer en premier lieu la dimension européenne du sujet traité.

Concernant le lynx, une étude qui porte sur 2006 et 2007, dont les données sont collectées à partir de questionnaires soumis à des spécialistes, atteste que :

« Les populations les plus petites sont celles qui ont été réintroduites. »

V. Salvatori compare les niveaux de compensation versée dans le Jura et en Scandinavie soit,

850 000 euro pour une population estimée de 120 individus.

En 2003, en Scandinavie, le montant s’élève à 7 millions d’euro.

(2300 individus recensés)

Elle explique que les principaux conflits sont engendrés par les chasseurs, au niveau international. ( Europe)

Concernant, le loup, L’Europe du sud, détient les plus grandes populations. Je cite :

Espagne :         2500

Alpes :               250 (tous pays, confondus)

Italie :               800

Balkan :            5000

Carpates :         1400

Allemagne :         170

Finlande :            150

Scandinavie :      350

Le coût des dommages, s’élève à : (million d’euro)

Espagne :          2.7

Alpes :              1.2

Balkan :            1.5

Carpates :         0.140

Baltes :             0.170

Allemagne :        0.110

Finlande :           1.5 ( entre 0.5 et 1.5 millions d’euro)

Scandinavie :      0.400

Il est dit :

L’utilisation de poison, semble importante en Italie. En Scandinavie, le braconnage est responsable de 50% de la mortalité, du canidé.

Intégrer la faune à l’activité humaine implique de grands espaces.

Le conflit social est normal. Il est fort avec le monde de la chasse et de l’élevage.

Les déplacements anarchiques du loup génèrent des conflits avec les populations.

De nombreux pays n’ont aucune stratégie établie, le « laisser-faire » est la norme. Cette stratégie fonctionne bien avec le loup, beaucoup moins avec le lynx.

Il n’y a pas de plan de gestion en Europe.

7 meutes établies dans les Alpes françaises passent régulièrement en Italie, avant de revenir sur leur territoire d’origine.

Les loups établis en France passent en Suisse, en remontant l’Italie.

La réintroduction du Lynx (boréal) en Italie et Autriche a été un double échec.

La coopération internationale est importante, dans le but d’effectuer des comptages précis, et afin d’utiliser les données localement.

Les questions du public :

Question :

Les effectifs sont-ils stable en Italie ?

Réponse : Il n’y a pas de suivi complet, en Italie, hors parcs nationaux. La perception laisse à croire que les effectifs sont en expansion.

Question :

En Espagne et en Italie, les effectifs de loups sont de plus en plus importants. En France, ou-va-t-on ?

Réponse : Le principal problème de l’élevage est le revenu qu’il dégage. La problématique ne s’apparente pas uniquement au loup. Il y a de nombreux problèmes, à gérer, en rapport avec l’élevage. En France le contrôle du loup est permis (effectif.) La bonne question à se poser est la suivante : Combien de conflits peut-on supporter ? (quel niveau.) Il est important de trouver les compromis qui passent par, des financements en rapport avec la présence du loup.

Question :

Doit-on cesser l’activité du pastoralisme ?

Réponse : le problème peut se résoudre en trouvant des solutions. En Italie les problèmes liés à la présence du prédateur, font l’objet de lois mais aussi de « reconsidérations » de la problématique, la dispersion du loup est le principal problème chez les éleveurs, parce que les élevages ne sont pas protégés.

Question :

Le budget du loup est de 12 millions d’euro (France), comment finance-t-on le gardiennage dans les autres pays ?

Réponse :En Italie, il n’y a pas de système organisé, les provinces sont déléguées à la gestion par l’Etat. En Toscane, une assurance est prise en charge à 80%, elle ne couvre pas l’élimination des carcasses (équarrissage) ni les baisses de production liées à la prédation du loup. Mais les éleveurs dénoncent les dysfonctionnements du système et sont mécontents. Dans les pays scandinaves les indemnités sont les plus fortes.

Mes conclusions :

Concernant les réintroductions, mais j’y reviendrai, plus loin, il semble que la préparation et surtout l’engagement de toutes les parties (éleveurs, chasseurs, randonneurs, touristes, écolos) soient de mise pour réussir. A ce titre il faut parler d’échec en ce qui concerne le lynx vosgien, puisque le suivi du prédateur n’a pas permis d’éviter sa prochaine extinction. La contrainte n’apporte donc pas les capacités de réussites nécessaires, elle est donc vouée à l’échec, de manière générale.

Concernant le montant des compensations versées aux éleveurs, je constate que le braconnage est vraisemblablement plus important dans les pays ou le niveau de compensation moyen est le plus fort.

Et les effectifs du loup, par exemple, les plus faibles. J’y vois une nouvelle preuve que le loup est une espèce braconnée en France, en effet les pays nordiques et la France présentent au plus 650 canidés, soit 6% des effectifs à peine pour presque 40% des subventions versées. ( 3 100 000 euro).

Il me semble que les budgets  de compensation devraient baisser au profit exclusif de la recherche, sur le développement de l’espèce. Temps de crise oblige. Ce qui a n’en pas douté favoriserait une mise en protection des troupeaux plus efficace. La dispersion du loup désignée par V. Salvatori comme étant "anarchique" me semble tout à fait contestable. Ou la preuve formelle d'un manque d'études scientifiques, sur le sujet.

A ce propos (développement de l’espèce), les conflits avec les éleveurs relèvent d’une part de la situation catastrophique engendrée par 20 ans de désinformation ( entre autre), dans les Alpes maritimes et d’autre part (celle qui va prendre de l’ampleur d’année en année, en plaine) par l’installation de nouvelle meute sur des territoires qui n’y sont absolument pas préparés. Anticiper est donc un impératif absolu. Continuer à faire le déni du loup ( consulter 1er dossier : M. Hénault) pendant des mois, voire des années ( Lozère) est devenu totalement irresponsable. Les préfets doivent être tenus, à l’avenir « responsables de la situation », et les moyens financiers et humains nécessaires doivent être mis en place, dans ces mêmes instances. Les tirs quels qu’ils soient aujourd’hui, n’ont absolument aucun sens. Ils relèvent d’une gestion coupable et organisée au niveau national.

Les canidés qui migrent, seul ou en groupe, vers l’Est du territoire proviennent bien de Suisse, les techniciens helvétiques l’ont confirmé également. Il est vraisemblable, que des adultes, non détectés et aguerris dispersent en traversant la Suisse.

Prochain dossier : intervention de Patrice Costa, « Roumanie, terres d’accueil ? »…Vous pouvez dors et déjà en douter.

 

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